Lyon en chiffres — 4 605 logements rénovés en 2024 : la Métropole de Lyon loin de son objectif climat
Le chiffre a de quoi surprendre au regard des ambitions affichées en 2020 : 4 605. C'est le nombre de logements rénovés en 2024 grâce au dispositif Écoréno'v, la principale aide de la Métropole de Lyon à la rénovation énergétique, selon les données de l'Alec-Lyon (agence locale de l'énergie et du climat) relayées par Mediacités en septembre 2025. L'objectif fixé par Bruno Bernard lors de sa campagne était de 10 000 rénovations par an. Sur la période 2020-2024, la moyenne annuelle réelle tourne autour de 3 250 logements, et le dispositif, lancé en 2015, en revendique environ 28 500 au total depuis sa création.
Ce décalage prend tout son sens rapporté à la taille du parc à traiter. La Métropole de Lyon compte 760 939 logements, dont 672 293 résidences principales, selon le recensement Insee 2023. Plus de la moitié d'entre eux (51 % environ) ont été construits entre 1946 et 1990, avant l'entrée en vigueur des premières réglementations thermiques de 1974 puis 1988 : c'est là que se concentre l'essentiel du gisement de rénovation, dans ces immeubles des Brotteaux, de Villeurbanne ou des premières couronnes pavillonnaires, mal isolés mais rarement les plus dégradés visuellement.
À l'échelle nationale, l'Observatoire national de la rénovation énergétique (ONRE) recensait 3,9 millions de passoires thermiques, logements classés F ou G au diagnostic de performance énergétique (DPE), au 1er janvier 2025, soit 12,7 % du parc de résidences principales. Le nombre a reculé de 12 % en un an, sous l'effet conjugué des travaux de rénovation, des démolitions et des sorties du marché locatif. En Auvergne-Rhône-Alpes, la part de logements énergivores resterait proche de 14 %, un niveau supérieur à la moyenne nationale.
Ces chiffres appellent une lecture prudente. Le DPE mesure une consommation conventionnelle, calculée selon un usage standardisé du logement, et non la consommation réelle des occupants, qui dépend fortement de leurs habitudes de chauffage. Sa méthode de calcul a par ailleurs changé en 2021, rendant les comparaisons dans le temps délicates. Quant aux chiffres d'Écoréno'v, ils ne couvrent que les rénovations aidées par la Métropole : les travaux menés sans subvention publique, par des copropriétés ou des particuliers, échappent à ce comptage.
Sur le plan climatique, le Plan climat air énergie territorial (PCAET) de la Métropole visait une baisse de 43 % des émissions de gaz à effet de serre d'ici 2030 par rapport à 2000, contre un objectif initial de 47 %, et de 79 % d'ici 2050 pour tendre vers la neutralité carbone. Entre 2000 et 2017, la baisse constatée n'a été que de 18 %, à un rythme annuel de 1,2 %, loin des 2,5 % par an jugés nécessaires par les services de la Métropole. Ce constat a conduit à voter, le 25 septembre 2023, la révision du plan climat, dont le diagnostic s'est prolongé jusqu'à début 2024 pour aboutir à un nouveau document attendu en 2025-2026.
La Métropole a voté 21 millions d'euros supplémentaires pour financer Écoréno'v, selon Lyon Capitale, sans que ce renfort budgétaire ait, à ce stade, permis de retrouver la trajectoire des 10 000 logements annuels promise en 2020.