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Gare routière internationale de Gerland.
Romainbehar, CC0 — Wikimedia Commons

Sécurité

À Gerland, la Métropole muscle la sécurité de la gare routière et pointe la Ville de Lyon

Par rédaction Passage Lyonnais3 min de lectureGerlandLyon

Samedi soir, la vitrine d'un restaurant de l'allée Pierre de Coubertin a volé en éclats. Son exploitant parle d'un impact de balle. Cinq jours plus tôt, dans la nuit du 31 août au 1er septembre, un homme de 19 ans mourait poignardé à quelques rues de là, non loin du stade de Gerland. Deux faits, à quelques dizaines de mètres d'un équipement qui n'existait pas il y a un an : la gare routière internationale, installée depuis le 12 janvier 2026 sur une partie du parking du Palais des sports, à la place de l'ancien site de Perrache devenu trop étroit.

Le 8 septembre, la Métropole de Lyon a publié un communiqué reconnaissant, en creux, que l'implantation n'a pas été pensée jusqu'au bout. L'équipement fonctionne jour et nuit, avec 17 quais d'embarquement, accueille près de trois millions de voyageurs par an et plus de deux cents autocars par jour, à quelques dizaines de mètres d'immeubles d'habitation, d'un stade et de commerces. "On n'installe pas la deuxième gare routière de France au milieu d'un quartier d'habitation sans en tirer toutes les conséquences", a déclaré Jérémie Bréaud, vice-président délégué à la sécurité, maire de Bron. "Cela n'a pas été fait, et ce sont les habitants de Gerland qui le paient."

Pourquoi les travaux promis en janvier n'ont jamais démarré

La Métropole affirme que la police nationale avait, dès l'ouverture, signalé les points faibles du site et de ses accès, et que l'engagement d'y remédier avait été pris. Ces travaux n'ont jamais été réalisés. Ils le sont désormais : un conseil métropolitain, réuni le 28 septembre, doit examiner une enveloppe supplémentaire de 350 000 euros, qui viendra s'ajouter aux 750 000 euros déjà consacrés chaque année à la sécurité du site, caméras et agents présents 24 heures sur 24. Cet argent doit financer l'éclairage, une clôture séparant la gare du parking voisin, la sécurisation du cheminement des voyageurs depuis l'avenue Tony Garnier et une meilleure signalisation. Un accès direct des autocars depuis cette même avenue doit par ailleurs ouvrir fin octobre, pour éviter que le flux de cars ne traverse les abords du stade les soirs de match.

Ce calendrier s'explique aussi par un changement politique. Les élections métropolitaines de mars 2026 ont fait basculer la présidence de la Métropole de l'écologiste Bruno Bernard, qui avait piloté le transfert de la gare, à la droite et au centre menés par Véronique Sarselli. En pointant une décision "non anticipée", l'exécutif actuel désigne implicitement son prédécesseur. Le site reste de toute façon provisoire : une gare définitive est annoncée à Vénissieux dans cinq à sept ans.

Le 7e arrondissement affirme agir depuis la rentrée dernière

La Métropole assure que ce qui se passe pour l'essentiel se joue en dehors de l'enceinte de la gare, allée Pierre de Coubertin et dans les rues adjacentes, un périmètre qui relève de la Ville de Lyon, laquelle n'aurait "jusqu'ici pas répondu aux appels des habitants et des commerçants". La réalité est plus nuancée. Dès décembre 2025, l'association de riverains CIL Lyon 7 recensait, sur la foi d'un article du Progrès, douze agressions visant des élèves de la Cité scolaire internationale depuis la rentrée, des campements installés dans le parc de Gerland et rue Prosper-Chappet, ainsi que la présence de véhicules liés à la prostitution près du stade. Une cinquantaine de parents avaient alors organisé des rondes de vigilance. La mairie du 7e arrondissement dit de son côté avoir déjà renforcé la présence policière le mercredi après-midi et en soirée, installé des caméras, mobilisé des médiateurs de rue via l'association ALTM et des actions de prévention avec La Sauvegarde 69. Le maire de Lyon, Grégory Doucet, a pour sa part évoqué une intensification du trafic de stupéfiants dans le secteur et réclamé des renforts de policiers nationaux à l'État. Aucune association de riverains n'a en revanche pris publiquement position contre les 350 000 euros annoncés par la Métropole, ni contesté leur utilité : le désaccord porte sur qui doit agir, pas sur le principe des travaux.

Ce bras de fer entre collectivités de couleurs politiques désormais différentes, la Métropole à droite, la Ville toujours dirigée par un maire écologiste, ne dit rien de ce qui se joue au quotidien pour les commerçants de l'allée Pierre de Coubertin, qui eux vivent la vitrine brisée et le couteau sorti à quelques mètres de chez eux. Le conseil métropolitain doit se prononcer sur l'enveloppe de 350 000 euros le 28 septembre, quelques semaines avant l'ouverture, fin octobre, du nouvel accès des autocars par l'avenue Tony Garnier.

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