
À Lyon, un berceau sur cinq s'est vidé en neuf ans, et les maternelles commencent à le ressentir
La Métropole de Lyon a enregistré 16 555 naissances en 2025, contre 20 836 en 2016. La baisse touche désormais les classes de maternelle.
Entre 2016 et 2025, le nombre de naissances domiciliées dans la Métropole de Lyon est passé de 20 836 à 16 555, selon l'état civil de l'Insee. C'est 4 281 bébés de moins par an, soit un recul de 20,5 %. À Lyon même, la chute est du même ordre : 7 628 naissances en 2016, 5 976 en 2025, soit 21,7 % de moins.
Ce que mesure l'indicateur
Le chiffre étudié ici est celui des naissances domiciliées : il compte les enfants nés de mères qui résident dans le territoire, où qu'elles accouchent. Il diffère donc du nombre d'accouchements dans les maternités lyonnaises, qui accueillent aussi des habitantes de l'extérieur. Les séries sont tirées du dossier complet de l'Insee sur la Métropole de Lyon et sur la commune de Lyon, établi à partir de l'état civil en géographie au 1er janvier 2026.
Une décrue par paliers
La série de la Métropole commence par une lente érosion : 20 633 naissances en 2017, 20 418 en 2018, 20 073 en 2019. Le recul s'accélère ensuite : 19 341 en 2020, 18 879 en 2021, puis 18 068 en 2022. La plus forte chute annuelle survient en 2023, avec 16 875 naissances, soit 6,6 % de moins qu'un an plus tôt.
À Lyon, le décrochage se situe en 2022 : on passe de 7 012 naissances en 2021 à 6 309, soit 10 % de moins en un an.
Les deux dernières années sont moins nettes. En 2024, la Métropole compte 16 974 naissances (+0,6 %) et Lyon 6 082 (+2,5 %). En 2025, les chiffres repartent à la baisse : 16 555 pour la Métropole (-2,5 %) et 5 976 pour Lyon (-1,7 %). Deux années ne suffisent pas à parler de stabilisation.
La Métropole garde un solde naturel nettement positif : 16 555 naissances contre 9 899 décès en 2025, soit un excédent de 6 656. Cet écart est resté large sur la période, mais il se réduit : il valait 11 575 en 2016.
Ce que cela annonce pour les écoles
Un enfant né en 2019 entre en petite section de maternelle en 2022 et au CP en 2025. Les générations plus petites arrivent donc par vagues dans les classes, d'abord en maternelle puis en élémentaire.
Les effets sont visibles dans les décisions de carte scolaire. Selon la Ville de Lyon, une soixantaine de classes étaient menacées de fermeture pour la rentrée 2026-2027. Le maire y soutient que « la baisse démographique ne saurait être le seul critère pour supprimer des postes dans l'enseignement ».
Les limites de la donnée
Les naissances ne disent rien des arrivées ni des départs de familles, qui pèsent aussi sur les effectifs, ni de la répartition par quartier, ni de la part des enfants scolarisés dans le privé. Elles donnent une pente, pas un nombre d'élèves par école.
Les données détaillées par commune figurent dans la base communale de l'Insee, accessible depuis la page du comparateur de territoires.
Sources
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