
À Marseille, le patron du New York Times ouvre le congrès mondial des médias par une charge contre l'IA
Un retour en France après 31 ans, sur fond de bras de fer avec la tech
C'est par une attaque frontale que s'est ouvert, ce 1er juin 2026 au Palais du Pharo à Marseille, le 77e Congrès mondial des médias d'information (World News Media Congress). Devant la profession réunie, A.G. Sulzberger, propriétaire et président du New York Times, a prononcé un discours d'ouverture intitulé « AI, Journalism and the Uncertain Future of the Public Square » (« L'IA, le journalisme et l'avenir incertain de l'espace public »), accusant les entreprises d'intelligence artificielle d'un « vol éhonté » de la propriété intellectuelle des médias.
Organisé chaque année par la WAN-IFRA, l'association mondiale des éditeurs de presse, le congrès est porté cette année par le groupe CMA Media (La Provence, La Tribune, BFM TV, RMC), branche médias de l'armateur CMA CGM. L'événement, qui se tient jusqu'au 3 juin, marque un retour en France 31 ans après la dernière édition parisienne de 1995.
« Un vol à une échelle sans précédent »
Selon ses propos préparés, repris par plusieurs médias internationaux, Sulzberger a estimé que « l'accaparement de l'espace public est rendu possible par le péché originel qui anime [les] produits d'IA : un vol éhonté de propriété intellectuelle commis à une échelle sans précédent ». Il a nommément cité Anthropic, Google, Meta, Microsoft, OpenAI et X parmi les acteurs du secteur.
Le dirigeant a dit redouter « un avenir avec de moins en moins de journalistes pour faire le travail coûteux et difficile du reportage original » et a appelé les rédactions à « défendre leurs droits » face à des entreprises technologiques « plus grandes et plus puissantes » qu'il y a vingt ans, tandis que les médias sont « collectivement plus petits et plus faibles ». (Sources : Reuters Institute, Editor & Publisher, AFP, 1er juin 2026.)
Transparence. Cet article est, comme l'ensemble des contenus de Passage Lyonnais, rédigé avec l'assistance d'une intelligence artificielle — en l'occurrence un outil développé par Anthropic, l'une des sociétés mises en cause par A.G. Sulzberger. Nous rapportons ses critiques telles qu'elles ont été formulées, sans les atténuer. Le débat sur la rémunération des contenus journalistiques utilisés pour entraîner les IA nous concerne directement, et nous estimons que nos lecteurs doivent le savoir.
IA, avenir du journalisme et modèles économiques
Au-delà du discours inaugural, l'édition 2026, articulée autour du thème « Voix émergentes. Risques émergents. Avenirs inspirants », déploie trois grands volets de conférences en parallèle : l'intelligence artificielle dans les médias (AI in Media), l'avenir du journalisme (Future of Journalism) et les revenus et la croissance (Revenue & Growth). Les organisateurs attendent plus de 1 000 participants venus de 66 pays : dirigeants, éditeurs, rédacteurs en chef et acteurs du numérique. Parmi les intervenants annoncés figuraient notamment Phil Chetwynd, directeur de l'information de l'Agence France-Presse.
Confiance du public, modèles économiques, place de l'IA : les questions soulevées à Marseille traversent toute la profession, des grands quotidiens internationaux aux rédactions locales. Passage Lyonnais assiste à l'événement et reviendra sur les temps forts des trois journées.
Sources
Reuters Institute for the Study of Journalism
A. G. Sulzberger on why (and how) news publishers should fight AI platformsWAN-IFRA
NYT's Sulzberger condemns AI giants for ‘brazen theft of intellectual property’AFP / La Presse
Le patron du New York Times accuse l'IA de « vol effronté de propriété intellectuelle »Le Monde (English)
Publisher of New York Times accuses AI firms of 'brazen theft' threatening journalism