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À Vaulx-en-Velin, deux jeunes maraîchers font leurs preuves dans les champs de la Métropole

Par rédaction Passage Lyonnais2 min de lectureVaulx-en-VelinPhoto by Erwan Hesry on Unsplash

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Quatre hectares coincés entre la rocade est et les faubourgs nord de Vaulx-en-Velin, aux Terres du Velin : c'est là que Mathieu Chevallier et Jérémy Ankri, 32 ans chacun, vivent leur première vraie saison de maraîchage biologique. Amis d'enfance devenus associés après un brevet professionnel obtenu à Die, dans la Drôme, ils ont posé leurs cageots au printemps dernier sous le nom de La ferme des furets.

Leur exploitation fait partie de l'espace test agricole de la Métropole de Lyon, ouvert en septembre 2024 sur ces terres autrefois maraîchères. Le principe : héberger pendant trois ans des porteurs de projet en agriculture biologique péri-urbaine, avec accès à des serres, un hangar de stockage, du matériel partagé et un accompagnement de structures comme la couveuse d'entreprise Starter ou l'ADDEAR du Rhône. Trois candidats avaient été retenus au lancement du dispositif ; Marius Muzas occupe la parcelle voisine depuis un an, tandis qu'une précédente occupante vient de s'installer à Collonges-au-Mont-d'Or, preuve que l'incubateur commence à produire ses premiers essaimages.

Sur leurs deux serres et leur hectare de pleine terre, Mathieu Chevallier et Jérémy Ankri cultivent haricots, fenouils, épinards, concombres, oignons, légumes de type ratatouille, mais aussi salades, fraises et patates douces. « Nous récoltons près de 100 kg de fruits et légumes, à raison de deux à trois récoltes par semaine », précise Mathieu Chevallier. La vente directe en paniers complète l'approvisionnement de deux magasins bio de Villeurbanne et de deux épiceries de Rillieux-la-Pape et Miribel. Une partie de la production nourrit aussi les cantines : la cuisine centrale de Villeurbanne leur achète notamment courges et choux en gros volumes.

Cet automne, le duo doit récupérer une seconde parcelle et deux nouvelles serres pour assurer une production en basse saison et répondre à une demande croissante.

Le pari reste toutefois loin d'être gagné d'avance. Au niveau national, les nouvelles installations en agriculture biologique sont en recul depuis plusieurs années, signe des difficultés structurelles que traverse la filière bio, tandis que le manque d'expérience demeure la première cause d'échec citée chez les jeunes installés, selon les Chambres d'agriculture. L'accompagnement rapproché change toutefois la donne : le taux de maintien des exploitants cinq ans après leur installation dépasse 99 % lorsqu'ils ont bénéficié d'un suivi humain pour obtenir les aides nationales, contre 87,7 % en moyenne. C'est précisément ce filet, mutualisation du matériel, appui technique, débouchés en restauration collective, que l'espace test vaulnaisien tente de tisser autour de ses jeunes pousses.

Reste à savoir si la parcelle supplémentaire prévue cet automne suffira à stabiliser durablement La ferme des furets avant la fin de leur période d'incubation, dans un peu moins de deux ans.

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