Passage Lyonnais
Toitures en sheds et façades vitrées des anciens ateliers de l'usine TASE à Vaulx-en-Velin, sous un ciel chargé
Romainbehar, CC0 · Wikimedia Commons

Culture

À Vaulx-en-Velin, la TASE a bâti une ville autour de sa soie artificielle

Ouverte en 1925, l'usine de soie artificielle a employé jusqu'à 3 000 personnes et logé des centaines de familles ; ses façades sud sont inscrites aux…

Par Rédaction Passage Lyonnais2 min de lectureVaulx-en-Velin

En 1925, Vaulx-en-Velin était encore une commune rurale quand la Soie artificielle du Sud-Est (SASE) y ouvrit ses ateliers. Le complexe industriel avait été construit en 1924. Il fabriquait de la soie à partir de cellulose, un procédé qui imitait la fibre du ver à soie à moindre coût. Selon la Ville de Vaulx-en-Velin, l'industrialisation de la commune date de cette implantation.

Une usine, puis deux cités

La Ville indique que l'ensemble a été conçu par les architectes Desseux et Alexandre. Il employait environ 1 500 personnes à ses débuts. Dans le milieu des années 1930, l'effectif atteignait 3 000 salariés, en grande partie des immigrés. Les sources divergent sur la date du changement de nom en TASE, Textile artificiel du Sud-Est : 1930 ou 1935 selon les documents consultés.

Pour loger ce monde, la famille Gillet fit bâtir deux cités à proximité de l'usine. La Petite Cité comptait 97 pavillons avec jardin, d'environ trois logements chacun, pour les contremaîtres et les cadres. La Grande Cité alignait une vingtaine d'immeubles collectifs, soit 491 logements répartis sur 8 hectares, pour les ouvriers. Une chapelle, un stade, un dispensaire, des écoles et des commerces complétaient le quartier.

La vie sociale y fut aussi conflictuelle. Le site de la Ville recueille le témoignage des sœurs Bozi, ouvrières de la soie artificielle, sur les grèves de 1936.

La fermeture et la menace de démolition

L'usine cessa son activité en 1980, d'après l'office de tourisme de Lyon, après une soixantaine d'années d'existence. Le site resta ensuite en friche. En 2007, le promoteur Bouwfonds Marignan, devenu propriétaire, fit détruire les ateliers, selon le magazine Batiweb. Riverains et élus s'inquiétèrent du sort des bâtiments restants et réclamèrent leur classement. Le projet présenté en avril 2009 prévoyait environ 800 logements et une douzaine de bâtiments de bureaux et d'hôtellerie sur près de 4 hectares, avec conservation d'une façade seulement. Des associations voulaient sauvegarder les structures elles-mêmes.

Elles obtinrent gain de cause en partie : les façades sud de l'usine furent inscrites au titre des monuments historiques en 2011, selon la Ville. L'office de tourisme crédite de ce combat le collectif Cercle Soie Rayonne.

Ce qu'on voit aujourd'hui

Le quartier a pris le nom de Carré de Soie, à cheval sur Vaulx-en-Velin et Villeurbanne, autour d'un pôle de transports, d'un centre commercial et d'un cinéma. En 2011, la vieille usine a accueilli une partie de la Biennale d'art contemporain de Lyon. Les anciens pavillons de la Petite Cité sont en cours de réhabilitation, selon la Ville.

L'usine se visite lors des Journées européennes du patrimoine. Pour son centenaire, la Ville a organisé le 20 septembre 2024 une soirée sur l'esplanade de la TASE, avec l'exposition « 1924/2024 : Centenaire de la Tase » de l'association Silk me back, présentée du 19 au 22 septembre 2024. L'association « Vive la Tase » avait déjà exposé un métier à tisser sur place le 24 novembre 2018.

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Sources

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