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Industrial building with sawtooth roof and skylights under cloudy sky
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Économie

À Vénissieux, l'ancienne usine Bosch devient la nouvelle pouponnière d'entreprises de la Métropole

7,5 millions d'euros, 108 entreprises hébergées : la Métropole ouvre à Vénissieux son 4e pôle Lyve, sur l'ancienne friche Bosch.

Par rédaction Passage Lyonnais3 min de lectureVénissieux
ÉvénementLa Sucrière, Lyon (stand 146)Voir l'agenda →

Sous les sheds de tôle et de verre qui éclairaient autrefois les ateliers de l'usine Bosch, quatre jeunes entreprises ont posé leurs machines et leurs ordinateurs depuis le début de l'été. Le bâtiment, livré début juillet le long du boulevard Marcel-Sembat, dans le quartier Grand Parilly, est le quatrième pôle Lyve ouvert par la Métropole de Lyon pour héberger et accompagner des entrepreneurs, après ceux de Lyon 9e, Givors et Neuville-sur-Saône. L'architecture reprend volontairement les toits en dents de scie typiques des usines du 19e siècle, sur un site devenu ces dernières années la vitrine de la réindustrialisation locale.

Sur 1 700 mètres carrés répartis en neuf ateliers productifs, quatorze bureaux et des espaces de travail partagés, le site accueillera à terme une quinzaine d'entreprises simultanément. Conçu en ossature bois avec isolation en paille et doté de panneaux photovoltaïques en autoconsommation collective, il a coûté au final 7,5 millions d'euros, dont 4 millions cofinancés par l'État, la région Auvergne-Rhône-Alpes et l'Union européenne. L'enveloppe a sensiblement gonflé depuis les premières annonces de 2024, qui tablaient sur un budget proche de 4,8 millions d'euros : entre les esquisses et la livraison, le projet a pris environ deux ans de plus que prévu, la mise en service ayant d'abord été promise pour le printemps 2026 avant de glisser à juillet.

Ce que racontent vraiment les chiffres du réseau Lyve

Selon les données transmises début septembre par la Métropole, le réseau Lyve héberge aujourd'hui 108 entreprises pour 271 emplois créés, avec un taux de pérennité de 77 %, 1 040 porteurs de projets accompagnés sur le volet initiation Earlyve et 284 entrepreneurs suivis sur le programme commercial Lyve in. Ce taux de pérennité se compare favorablement à la moyenne nationale mesurée par l'Insee : trois ans après leur création, 61 % des entreprises françaises de la génération 2014 étaient encore actives en 2019, dernier chiffre disponible sur cet indicateur.

La comparaison avec les annonces précédentes révèle toutefois un rythme de croissance inégal. En avril, lors de la présentation du calendrier d'ouverture du site vénissian, le président de la Métropole Bruno Bernard citait 87 entreprises hébergées et 270 emplois créés depuis la création du dispositif. Cinq mois plus tard, le nombre d'entreprises accompagnées a donc bondi de 21 unités, quand le nombre d'emplois recensés n'a progressé que d'une seule unité. Un décalage qui tient sans doute à la jeunesse de nombreuses structures récemment installées, pas encore en phase de recrutement, mais qui interroge sur le rythme réel de création d'emplois du dispositif à court terme.

« Ce futur pôle Lyve est bien plus qu'un bâtiment, c'est une porte ouverte pour toutes celles et ceux qui osent entreprendre », avait déclaré Bruno Bernard lors de la présentation du projet. Fabrice Rosay, représentant de la préfecture, avait de son côté salué un site où « naissent des idées, des projets, des initiatives économiques ». Chaque entreprise ayant fait la preuve d'une première commercialisation bénéficie d'un suivi de trois ans par un chargé d'accompagnement, et les structures de moins de quatre ans profitent d'une réduction de loyer de 30 % la première année, puis 15 % la deuxième.

Un pari économique dans une ville aux réalités contrastées

Le choix de Vénissieux n'est pas anodin. La commune affichait en 2022, selon le dernier recensement disponible de l'Insee, un taux de chômage de 19,7 %, soit 5 506 personnes sans emploi sur sa population active, un niveau très supérieur à la moyenne métropolitaine. Dans le même temps, un classement du cabinet de géomarketing Smappen, fondé sur les données du Bodacc et de l'Insee, plaçait en avril 2024 Vénissieux au quatrième rang des villes françaises de plus de 20 000 habitants les plus dynamiques en création d'entreprise, derrière Paris, Saint-Priest et Cannes, avec une nouvelle entreprise pour 163 habitants. Le nombre de créations annuelles y a presque triplé en une décennie, passant de 503 en 2013 à 1 504 en 2021, avant un léger tassement à 1 328 en 2022.

Ce paradoxe, un fort taux de chômage associé à une intensité entrepreneuriale supérieure à la moyenne, est précisément le terrain que la Métropole entend occuper avec ce quatrième pôle. Aucune opposition publique ne s'est exprimée à ce stade contre l'implantation du site ni contre le programme Lyve dans son ensemble ; la question de sa capacité à irriguer l'emploi du quartier prioritaire voisin, au delà de l'hébergement d'entreprises déjà constituées, reste ouverte et non documentée par des données publiques à ce jour.

La Métropole présentera l'ensemble de ses quatre pôles, dont celui de Vénissieux, le 24 septembre à La Sucrière, à l'occasion du salon Go Entrepreneurs, sur un stand dédié.

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