
À VivaTech, Navya et la tech d'Auvergne-Rhône-Alpes défendent le local
Dans les allées de VivaTech, le grand salon technologique européen qui se tient à Paris du 17 au 20 juin, l'écosystème lyonnais et régional n'occupe pas le devant de la scène — réservé aux géants de l'intelligence artificielle et aux humanoïdes. Mais en cherchant un peu, on retrouve quelques visages familiers. À commencer par une silhouette qui parle à tous ceux qui suivent l'industrie locale : la navette autonome de Navya.
Navya, l'ex-lyonnaise toujours dans la course
Le pionnier français du véhicule sans chauffeur est là, posé au milieu d'un stand où les visiteurs montent à bord et photographient l'habitacle sans volant. L'histoire de Navya a tout du roman industriel à rebondissements. Fondée près de Lyon, la société a longtemps incarné l'espoir français du transport autonome, avec des navettes électriques expérimentées sur plusieurs sites — dont la Confluence, à Lyon. Mais les déploiements peinent à devenir rentables, et l'entreprise est placée en liquidation judiciaire en 2023.
C'est le groupe japonais Macnica qui la reprend, sauvant l'essentiel des emplois. Deux ans plus tard, la structure a repris son nom de Navya Mobility et présenté, à l'automne 2025, une nouvelle navette : l'EVO 3, 100 % électrique, jusqu'à quinze passagers et sans opérateur à bord. Le symbole reste doux-amer pour l'agglomération : le siège demeure à Villeurbanne, mais la production s'est installée à Saint-Vallier, en Saône-et-Loire. Navya n'est donc plus tout à fait lyonnaise — elle reste pourtant bien présente, avec quelque 270 véhicules déployés dans une trentaine de pays.
La région joue collectif
Quelques pas plus loin, la région Auvergne-Rhône-Alpes déploie son propre stand. Sur une vaste cloison, elle affiche ses partenaires — pôles de compétitivité, incubateurs, SATT — et la vingtaine d'entreprises sélectionnées pour représenter le territoire dans les secteurs jugés stratégiques : cybersécurité, intelligence artificielle, industrie 4.0, santé, mobilité et transition climatique.
Le stand régional met en avant une vingtaine de startups, de Clermont-Ferrand à Lyon. Photo : Loris Andaloro / Passage Lyonnais
L'objectif est assumé : donner de la visibilité à des pépites qui, prises isolément, n'auraient pas les moyens de s'offrir un stand dans un salon de cette ampleur. Le format collectif mutualise les coûts et capte, au passage, l'attention des investisseurs.
Kolektivolt, la Lyonnaise de la recharge partagée
Parmi les entreprises exposantes figure Kolektivolt, jeune pousse basée à Lyon et distinguée cette année par le label « Tech for Change » du salon. Sa promesse : simplifier la recharge des voitures électriques en habitat collectif grâce à des bornes partagées entre résidents.
Le problème qu'elle attaque est concret. Dans les copropriétés, installer une borne par foyer relève souvent du casse-tête technique et financier. En mutualisant les points de charge, Kolektivolt entend lever l'un des principaux freins au passage à l'électrique pour les habitants d'immeubles — un sujet de mobilité du quotidien qui parle directement aux Lyonnais. De la navette qui refuse de mourir aux startups qui montent, la métropole rappelle, à sa mesure, qu'elle a des cartes à jouer dans la bataille technologique européenne.

