
Lyon d'hier · Amphithéâtre des Trois Gaules : les gradins de Lugdunum encore posés sur la Croix-Rousse
Classé en 1961, l'amphithéâtre de Lugdunum, qui accueillit jusqu'à 20 000 spectateurs, révèle encore des vestiges lors du chantier du jardin des Plantes.
Au bas des pentes, à deux pas de la mairie du 1er arrondissement, une arène de sable rouge s'ouvre derrière des grilles, rue Lucien Sportisse. Les immeubles haussmanniens la surplombent. Sur la colline d'en face, Fourvière veille. Ce décor est celui de l'un des lieux les plus lourds de sens de Lugdunum, la capitale des Gaules.
Un édifice du culte impérial
L'amphithéâtre des Trois Gaules faisait partie du sanctuaire fédéral dédié à Rome et à Auguste. Les délégués des soixante nations gauloises s'y réunissaient. Selon la Ville de Lyon, il fut achevé en l'an 19 de notre ère, ce qui en ferait le plus ancien amphithéâtre romain de Gaule. La Wikipédia francophone précise qu'il fut édifié sous Tibère, grâce à Caius Julius Rufus, prêtre de Rome et d'Auguste originaire de Saintes.
Il fut ensuite agrandi par l'ajout de deux galeries, selon la Wikipédia francophone. Ses dimensions extérieures atteignirent alors à peu près 143 mètres sur 117, pour une capacité d'environ 20 000 personnes, d'après la même encyclopédie. La date de cet agrandissement reste débattue. La Ville de Lyon parle du IIe siècle. Une inscription découverte en 1957 l'avait fait attribuer à Hadrien (130 à 136), mais cette attribution est aujourd'hui jugée fragile.
L'été 177
Le lieu est aussi associé à la mémoire des martyrs de Lyon. En 177, la communauté chrétienne fut persécutée. Selon la Ville, la plupart des premiers martyrs chrétiens de Gaule y furent exécutés, dont Blandine et Pothin. Les sources divergent sur les chiffres : la Ville évoque 48 martyrs, Wikipédia 47, dont six seulement auraient été mis à mort dans l'amphithéâtre.
Des fouilles menées en deux temps
Des fouilles eurent lieu en 1818 et 1820, puis le terrain fut remblayé. Les recherches systématiques reprirent à partir de 1956. Le site fut classé monument historique en 1961.
Ce qu'on voit aujourd'hui, ce sont surtout des murs de soutien des gradins. Ils couvrent environ la moitié de la superficie de l'édifice et sont intégrés au jardin des Plantes. Les arcs de maçonnerie et les rangs de blocs de pierre alignés au bord de l'arène se distinguent depuis la rue. Le site n'est pas ouvert à la visite : il s'observe depuis l'extérieur. La Ville renvoie vers les bus TCL 13 et 18, arrêt « Mairie du 1er ».
Le chantier de 2026
Le sol n'a pas livré tous ses secrets. La re-végétalisation du jardin des Plantes a déclenché un diagnostic archéologique préventif, prescrit par l'État. Le diagnostic a commencé en février 2025, et les travaux de cette première phase doivent durer jusqu'en 2028. Les fouilles ont débuté le 19 janvier 2026. La Direction de l'archéologie de la Ville de Lyon a ouvert sept sondages, jusqu'à 4 mètres de profondeur. Pour la première fois, ils explorent les abords de l'amphithéâtre.
Le premier sondage, au nord, a livré une forte concentration d'ossements de faune, dont de l'ours, ainsi qu'une tombe antique de chien et des niveaux d'incendie datés d'environ 120 après J.-C. Dans le deuxième, un massif maçonné et un bloc de pierre pourraient être les restes d'arcades bordant une esplanade menant à l'amphithéâtre, selon la Ville.
Selon la Ville de Lyon, ces opérations s'étendent jusqu'en 2028.
Sources
Ville de Lyon
Amphithéâtre romain des Trois GaulesVille de Lyon
Jardin des Plantes : nouveaux vestiges antiques découvertsWikipédia
Amphithéâtre des Trois Gaules
Une erreur dans cet article ? Signalez-la à la rédaction.


