
Après l'affaire Abreu, Lyon installe sa commission contre les violences sexistes et sexuelles
Après la plainte contre l'ex-conseiller Roman Abreu, la Ville de Lyon lance un plan contre les violences sexistes attendu d'ici 2027.
Soixante-treize élus municipaux, séance exceptionnelle, portes ouvertes au public : la Ville de Lyon a réuni jeudi 17 septembre l'ensemble de son conseil pour une commission générale consacrée aux violences sexistes et sexuelles. Une première dans son format, présidée par le maire Grégory Doucet et son adjointe aux droits et à l'égalité, Sylvie Tomic.
Cette séance intervient quatre mois après la plainte pour viol par soumission chimique déposée le 13 mai contre Roman Abreu, alors conseiller de Jean-Michel Aulas pendant la campagne municipale. L'affaire avait éclaté au conseil municipal du 25 juin, quand il est apparu que l'ancien candidat et Laure Cédat, cheffe du groupe Cœur lyonnais, connaissaient les accusations depuis février sans les avoir rendues publiques. Plusieurs élus avaient alors quitté le groupe.
Au terme de la commission, où trois expertes (universitaire, formatrice et juriste) sont intervenues, Grégory Doucet a annoncé la création d'un groupe de travail transpartisan associant tous les groupes du conseil, chargé de bâtir un plan municipal de lutte contre ces violences, soumis au vote d'ici l'été 2027.
En attendant, trois mesures immédiates ont été présentées : l'extension à toutes les associations subventionnées de l'obligation de former leurs cadres à la prévention des violences, sur le modèle testé dans le sport depuis 2024 (90 % des clubs financés déjà formés) ; la création d'un fonds municipal d'aide d'urgence, pour financer changement de serrure, garde d'enfants, nuits d'hôtel ou déménagement en urgence ; et le renforcement du parc d'hébergement, actuellement limité à six appartements confiés à l'association Le Mas.
La municipalité s'appuie sur des chiffres nationaux pour justifier l'urgence : selon les enquêtes citées par la Ville, 277 000 femmes de 18 ans et plus ont été victimes de viol, tentative de viol ou agression sexuelle en 2023, et seules 7 % des victimes déclarent avoir porté plainte. Le ministère de l'Intérieur recensait pour sa part 114 000 victimes de violences sexuelles enregistrées par les services de sécurité cette même année, dont 85 % de femmes.
À Lyon, les dispositifs existants ont traité un volume croissant de situations en 2025 : 1 502 accompagnements par les trois intervenantes sociales en commissariat, 3 000 personnes reçues dans les permanences d'accueil des 3e, 7e, 8e et 9e arrondissements, et 545 orientations vers la Maison des femmes, ouverte en septembre 2024.
Le plan municipal complet doit être présenté au vote du conseil municipal d'ici l'été 2027.
Sources
Mairie de Lyon
Violences sexistes et sexuelles : Lyon franchit un cap


