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a brick building with graffiti on the side of it
Photo by Jean Carlo Emer on Unsplash

Culture

Scène indé — Aux Ateliers Frappaz, l'atelier de Villeurbanne où se fabrique l'art de la rue

À Villeurbanne, 4 600 m² d'ateliers, de résidences et un label d'État structurent depuis plus de vingt ans une filière des arts de la rue.

Par rédaction Passage Lyonnais2 min de lectureVilleurbanne

Derrière les portes à enroulement du 16 rue Docteur-Frappaz, à Villeurbanne, on ne trouve ni scène ni gradins, mais un plateau de 4 600 m² partagé entre ateliers de construction, atelier costumes, salles de répétition et logements pour artistes en résidence. C'est ici que se fabrique, littéralement, une partie de l'art de la rue français.

L'histoire commence modestement en 2002, quand la Ville de Villeurbanne met à disposition de l'association Villeurbanne Spectacles Vivants un espace de 250 m² sur cette même rue, pour construire les décors et préparer les festivals. Le nom « Ateliers Frappaz » devient officiel en 2006, avant que la structure ne s'étende sur deux sites voisins jusqu'à sa surface actuelle, la demande en résidences ayant vite dépassé la capacité initiale. En 2013, l'État lui attribue le label de Centre national des arts de la rue et de l'espace public (Cnarep), selon le ministère de la Culture. Ce label, aujourd'hui partagé par treize structures en France, ouvre droit à une aide financière minimale de l'État de 250 000 euros par an, une somme plancher qui structure une bonne partie du budget de fonctionnement de ces lieux, aux côtés des soutiens de la Ville, de la Métropole et de la Région.

À la tête des Ateliers depuis janvier 2024, l'autrice, comédienne et metteuse en scène Nadège Prugnard succède à une direction qui a construit l'identité du lieu autour de trois missions : accompagner la création pour l'espace public, diffuser ces œuvres sur le territoire et professionnaliser le secteur. L'équipe permanente couvre l'administration, la communication et l'édition, la médiation culturelle, la production et la régie des bâtiments, autant de métiers de l'ombre sans lesquels aucune compagnie ne pourrait poser ses praticables sur une place publique.

Le geste le plus visible reste le festival Les Invites, que les Ateliers pilotent en lien étroit avec la Ville depuis 2002. Organisée tous les deux ans, la manifestation impose qu'au moins un tiers de sa programmation soit composé de créations de l'année, une règle qui pousse les compagnies accueillies en résidence à sortir leurs pièces d'abord à Villeurbanne. En juin dernier, comme nous le racontions, plus d'une centaine de spectacles gratuits avaient transformé la ville en carrefour international pour la 19e édition.

Entre deux festivals, le lieu vit au rythme des débats publics baptisés « Débats pas pareils », d'ateliers d'écriture, de masterclasses et d'une revue, Les Cracheurs de feu, qui documente le secteur. Les Ateliers accueillent aussi des artistes déplacés depuis l'étranger en résidence, une mission qui s'ajoute, sans remplacer, à l'accompagnement des compagnies indépendantes régionales qui constituent le cœur de son activité. Le financement public reste la condition de cette fabrique discrète : sans le plancher garanti par le label d'État, la mécanique des résidences et des ateliers de construction ne tournerait pas au même rythme.

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