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Biennale de Lyon 2026 : Cécile Bourgeat veut faire de chaque lieu « une fête permanente »

Par rédaction Passage Lyonnais2 min de lecturePhoto by Markus Spiske on Unsplash

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À trois mois de l'ouverture, la directrice générale de la Biennale de Lyon lève le voile sur une édition sous haute tension financière mais portée par une ambition artistique intacte.

Cécile Bourgeat n'est en poste que depuis octobre 2025, mais elle parle déjà de la Biennale comme d'un projet de vie. Nommée directrice générale après la démission brutale de Sabine Longin -- partie moins d'un an après son arrivée, dans un contexte de crise interne -- cette ancienne secrétaire générale de l'Institut Lumière, passée par le Samu social 69 Alynea et l'écriture d'un livre, a hérité d'une institution économiquement fragilisée. Sa mission : stabiliser, sans jamais rogner sur la création.

Une édition sous contrainte mais sans compromis artistique

La 18e Biennale d'art contemporain, intitulée Passer d'un rêve à l'autre et commissariée par l'historienne d'art australienne Catherine Nichols, ouvrira ses portes le 19 septembre pour refermer le 13 décembre 2026 -- une durée légèrement raccourcie par rapport aux éditions précédentes. « Certains exercices passés ont été déficitaires », reconnaît Bourgeat, qui assume ce choix en partie dicté par les coûts de chauffage des Grandes Locos et du Musée des Tissus. La structure repose sur 58 % de financement public, un socle que la directrice juge « indispensable » et non négociable.

Pour compenser, elle a activé des leviers inédits : des délégations internationales suisses -- les fondations Beyeler et Opale -- soutiennent désormais l'édition, et une vingtaine d'entreprises partenaires contribuent concrètement, comme Paprec qui fournit des matières premières aux artistes. Les économies ont été faites ailleurs, notamment sur la communication. « On a dû faire des choix difficiles », dit-elle sans détour.

Création et territoire, les deux piliers

Sur le fond, l'ambition reste haute. La Biennale d'art contemporain affiche 64 % d'œuvres en création, contre 70 % pour la Biennale de la danse. Le projet Résonance déploie pas moins de 228 projets dans toute la région Auvergne-Rhône-Alpes, en partenariat avec galeries, musées et institutions. Cette année, un focus australien et océanien -- en écho au profil de la commissaire Nichols -- traversera les lieux lyonnais et rayonnera en région.

L'expérience de visite est repensée : aux Grandes Locos (qui dépassent le million de visiteurs), comme au Musée des Tissus -- associé pour la première fois --, des « fêtes permanentes » alterneront performances, œuvres traversables et espaces de silence. Dans l'espace public, cinq artistes investiront des territoires chargés d'histoire : le centre hospitalier Saint-Jean-de-Dieu (8e arrondissement) autour du soin, le quartier de Gorge-de-Loup (9e) en dialogue avec la commune ardéchoise de Saint-Pierreville pour explorer l'économie du tissage.

Une institution qui cherche encore son équilibre

Cercle vertueux ou fuite en avant ? La question reste ouverte. La réduction de la durée de l'événement, les économies sur la communication et la fragilité structurelle de l'institution interrogent sur la pérennité du modèle. Bourgeat ne l'esquive pas : « La culture ne peut pas être rentable. C'est un service public. » Elle mise sur la continuité entre les deux biennales -- art contemporain et danse -- pour renforcer la « marque » et convaincre de nouveaux partenaires que la création vaut l'investissement, même sans retour sur investissement mesurable. La gratuité pour les moins de 15 ans, les étudiants de la région et les étudiants en art reste, elle, préservée.

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