Passage Lyonnais
Vue de l'hôpital Lyon Sud
HCL - CHU, CC BY-SA 4.0 — Wikimedia Commons

Santé

Cancer de l'ovaire : Lyon Sud promet une consultation sous 72 heures

Face au resserrement des autorisations de chirurgie, les HCL visent 150 patientes traitées par an d'ici 2028, contre 84 interventions en 2024.

Par rédaction Passage Lyonnais2 min de lectureSaint-Genis-Laval

Un seul numéro, une seule boîte mail, et un rendez-vous garanti sous 72 heures. À l'hôpital Lyon Sud, les Hospices Civils de Lyon (HCL) lancent cette rentrée un parcours coordonné pour les patientes atteintes d'un cancer de l'ovaire, en réunissant les services de chirurgie digestive et oncologique et de chirurgie gynécologique et oncologique.

Le cancer de l'ovaire touche environ 5 350 nouvelles patientes chaque année en France, selon le Panorama des cancers 2026 de l'Institut national du cancer (INCa). Il reste la première cause de mortalité par cancer gynécologique : 3 400 décès recensés en 2021, pour un taux de mortalité proche de 65 %. La maladie, souvent silencieuse, est fréquemment diagnostiquée à un stade avancé, lorsque la tumeur a déjà gagné le péritoine, la membrane qui tapisse l'abdomen, provoquant une carcinose péritonéale. En Auvergne-Rhône-Alpes, environ 600 nouveaux cas sont recensés par an, dont 450 nécessitent une chirurgie spécialisée.

Ce nouveau parcours s'inscrit dans une reconfiguration réglementaire de l'offre de soins. Le décret du 26 avril 2022 a resserré les conditions d'autorisation de la chirurgie des cancers de l'ovaire, exigeant un plateau technique complet (bloc oncologique lourd, réanimation sur site, imagerie interventionnelle, oncologie médicale intégrée). Depuis début 2026, seuls quatre établissements lyonnais conservent cette autorisation : les HCL, le Centre Léon Bérard, l'hôpital privé Jean Mermoz et la Clinique Charcot. Ce resserrement entraîne, selon les HCL, un report de plusieurs dizaines d'interventions annuelles vers ces centres, depuis des cliniques désormais non habilitées.

Concrètement, le parcours distingue deux profils : les masses pelviennes isolées, environ un quart des patientes, et les carcinoses péritonéales étendues, qui concernent les trois quarts d'entre elles. Une infirmière de coordination organise le suivi, tandis que des réunions de concertation pluridisciplinaire doivent s'étendre à l'échelle du territoire. Les délais visés : consultation sous 72 heures, cœlioscopie exploratrice sous 7 jours, puis intervention chirurgicale sous 15 jours pour les cas les moins étendus.

Les HCL réalisaient déjà 84 interventions en 2024, soit un quart de l'activité régionale, et visent 150 patientes prises en charge par an à l'horizon 2028. L'établissement met en avant sa certification par la Société européenne d'oncologie gynécologique (ESGO), seul CHU français à l'avoir obtenue. En octobre, une immersion de trois jours au bloc opératoire sera organisée pour des chirurgiens français, afin de présenter les techniques de chimiothérapie intrapéritonéale développées à Lyon Sud depuis 1989.

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