Canicule dans les écoles : deux guichets d'urgence pour financer brasseurs d'air et diagnostics
Le 30 juin dernier, le thermomètre affichait 35°C à 11 heures dans une classe de l'école Simone-Signoret, dans le 8e arrondissement de Lyon. Ce genre de relevé, qui aurait fait figure d'exception il y a dix ans, se répète désormais chaque été dans les établissements scolaires de la métropole. Pour répondre à l'urgence, deux dispositifs de financement viennent d'être ouverts aux communes, écoles, collèges, crèches et cantines, a annoncé l'Agence locale de l'énergie et du climat (ALEC) de la métropole lyonnaise le 20 juillet.
Le premier, baptisé Plan Urgence Canicule, est porté au niveau national par la Banque des Territoires, ACTEE, La Banque Postale et l'État, qui ont mobilisé conjointement 190 millions d'euros. Il finance à 100 % un diagnostic de confort d'été, plafonné à 4 000 euros, pour identifier les travaux prioritaires : protections solaires, brasseurs d'air, ventilation nocturne. Les 2 500 établissements jugés les plus prioritaires par les académies au niveau national peuvent en plus toucher un forfait travaux de 10 000 euros. Les demandes se déposent sur la plateforme démarches-simplifiées de l'État. Le second guichet, la prime rafraîchissement d'EDF, subventionne jusqu'à 400 euros par appareil (ventilateurs, brasseurs d'air, brumisateurs, climatiseurs), dans la limite de dix équipements par établissement, soit 4 000 euros au total, à condition que les factures soient datées entre le 26 juin et le 30 septembre 2026.
La Métropole de Lyon a de son côté déjà engagé un test grandeur nature : 21 collèges répartis dans onze communes du territoire ont été équipés de brasseurs d'air dans deux classes chacun, pour un budget de 130 000 euros, avant une évaluation qui doit décider d'une généralisation. La Ville de Lyon revendique quant à elle 617 brasseurs d'air installés dans ses crèches municipales et 676 salles de classe équipées, complétés par des brise-soleil et des voiles d'ombrage.
Ces efforts restent toutefois jugés très insuffisants par les représentants du personnel et des familles. Le syndicat Sud Éducation dénonçait début juillet 2025 « des conditions de survie qui ne permettent pas les apprentissages et posent des risques graves », tandis que la FCPE Rhône métropole pointait des « conditions déplorables » dans des « locaux trop petits et vétustes ». Selon les mêmes sources syndicales, seules 50 des 200 écoles primaires lyonnaises auraient été rénovées thermiquement depuis 2021, un rythme jugé très en deçà de l'ampleur du problème alors que les épisodes de forte chaleur s'étendent désormais de juin à septembre.
L'ALEC prévient que les crédits fonctionnent au premier arrivé, premier servi : les communes qui tardent à candidater risquent de voir les enveloppes s'épuiser avant la rentrée de septembre.
Sources
ALEC Métropole de Lyon
Canicule : deux dispositifs d’aide exceptionnels pour protéger vos écoles et crèches