Danse, groove et bal participatif : les Traversées Urbaines closent leur tournée dans le 3e arrondissement
Ce soir, la place Djebraïl Bahadourian, dans le 3e arrondissement, change de visage. De 20h à 22h45, la compagnie lyonnaise Kadia Faraux y donne le dernier rendez-vous de sa tournée « Traversées Urbaines », après trois soirées passées entre les 3e et 7e arrondissements, place Mazagran, place Guichard puis place Jean Jaurès. Celle du 16 juillet, place Mazagran, a dû être annulée en raison d'une alerte météo.
Le principe tient en une phrase : transformer une place ordinaire en terrain de jeu chorégraphique, sans niveau requis. La soirée s'ouvre par un atelier d'initiation aux danses urbaines et afro-hip-hop, ouvert à tous dès 7 ans, où l'on travaille le groove, l'écoute collective et le plaisir du mouvement plutôt que la technique pure. Les participants composent une courte séquence, restituée en fin d'atelier. Suit une performance de deux ou trois danseurs professionnels de la compagnie, parfois épaulés d'un musicien, d'un slameur ou d'un beatboxeur, avant que la soirée ne bascule dans un bal participatif ouvert à tous.
Derrière ce format léger se niche une démarche que la compagnie mène depuis longtemps. Fondée par Kadia Faraux, chorégraphe entrée dans le hip-hop en 1994, la structure s'est fait connaître à Lyon et dans sa métropole pour son travail de transmission autant que de création : ateliers en milieu scolaire, projets avec des publics spécifiques, et depuis 2004 des interventions en danse hip-hop dans les prisons de Corbas et de Saint-Quentin-Fallavier. Cette dimension de médiation culturelle explique le choix de places de quartier plutôt que de salles, une manière d'aller chercher un public qui ne pousserait pas forcément la porte d'un théâtre.
L'événement s'inscrit dans « Tout l'monde dehors », le grand rendez-vous estival gratuit de la Ville de Lyon, qui programme chaque été des centaines d'animations en plein air dans les parcs, jardins et places de tous les arrondissements, avec pour objectif affiché de toucher en priorité les habitants ne partant pas en vacances. Selon la Ville, plus de 80 % de cette programmation met en avant des artistes lyonnais, une manière de faire vivre la scène locale tout en irriguant des quartiers parfois moins pourvus en offre culturelle l'été.
Aucune polémique n'entoure cette édition, mais l'annulation de la première date, liée aux orages qui ont touché la région le 16 juillet, rappelle la fragilité de ces formats en plein air, tributaires de la météo autant que de la mobilisation des riverains. Reste à voir si la place Bahadourian, moins centrale que Guichard ou Jean Jaurès, attirera un public aussi nombreux pour cette dernière soirée.
Sources
Ville de Lyon (espace presse)
Traversées Urbaines