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Environnement

Des chercheurs lyonnais percent un mécanisme clé de la résistance des plantes à la sécheresse

Par rédaction Passage Lyonnais2 min de lecturePhoto by Bioscience Image Library by Fayette Reynolds on Unsplash

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Sous la surface lisse d'une feuille, à l'échelle du nanomètre, se joue une bataille invisible contre le manque d'eau. Des scientifiques du Laboratoire Reproduction et Développement des Plantes (RDP), unité mixte CNRS, INRAE et ENS de Lyon, viennent de décrire dans la revue américaine PNAS un mécanisme jusqu'alors inconnu qui permet aux cellules végétales de réagir avec précision au stress osmotique, celui provoqué par la sécheresse ou l'excès de sel dans le sol.

L'étude, menée avec l'Institut des sciences des plantes de Montpellier, montre que la membrane des cellules organise localement de minuscules zones riches en eau oxygénée (H2O2), une molécule utilisée par la plante comme signal d'alerte. Ces microdomaines se forment autour d'une protéine appelée ROP6, grâce à l'action conjointe d'enzymes productrices d'oxygène réactif (les RBOH) et d'un canal membranaire, l'aquaporine PIP2;7, qui laisse diffuser le peroxyde d'hydrogène d'une cellule à l'autre. Le signal, concentré au bon endroit, renforce en retour le regroupement de ROP6, créant une boucle qui amplifie la réponse cellulaire et soutient la croissance de la plante même sous contrainte hydrique. Les chercheurs ont pu observer ce phénomène grâce à un capteur génétiquement modifié, capable de visualiser la concentration d'eau oxygénée directement sur la membrane des cellules.

Cette découverte de biologie fondamentale s'inscrit dans un contexte où la question de la résistance des cultures à la sécheresse n'a rien de théorique. En France, la récolte de maïs 2026 est attendue en baisse de 35 %, à 9 millions de tonnes, son plus bas niveau depuis 1980, conséquence directe des vagues de chaleur et du manque d'eau, selon les projections relayées par la filière agricole. Comprendre comment une cellule végétale ajuste sa réponse au manque d'eau constitue, pour les agronomes, une piste pour identifier à terme des variétés ou des traitements capables de mieux tolérer ces épisodes.

Les auteurs précisent que la désorganisation de ces microdomaines, que ce soit en bloquant la production d'eau oxygénée ou sa circulation par l'aquaporine, réduit à la fois le regroupement de la protéine ROP6 et la capacité des cellules à s'allonger sous stress. Le signal redox, autrement dit la réaction chimique déclenchée par l'oxygène réactif, apparaît ainsi comme un processus organisé à l'échelle nanométrique et non comme une simple réaction diffuse, une nuance qui pourrait orienter de futurs travaux sur l'adaptation des plantes au changement climatique.

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