Lyon en chiffres — Domicile-travail dans la Métropole de Lyon : 68 % des actifs toujours accros à la voiture
Sept heures et demie du matin, un pont sur la Saône ou le périphérique nord : la scène se répète chaque jour ouvré dans l'agglomération lyonnaise. Selon le recensement de la population 2021 publié par l'Insee (étude Insee Analyses Auvergne-Rhône-Alpes n°199), 68 % des actifs de l'aire d'attraction de Lyon utilisent la voiture pour se rendre au travail. Les transports en commun captent 22 % des trajets, la marche 7 % et le vélo 3 %.
Ce chiffre agrège des réalités très différentes selon l'endroit où l'on habite. Dans les communes les plus éloignées du centre, plus de 95 % des actifs prennent leur voiture, faute d'offre alternative suffisamment dense. À l'inverse, à Lyon et Villeurbanne, la part des transports en commun grimpe à 40 %. L'Insee distingue même un profil particulier : les jeunes actifs et cadres locataires du centre, souvent installés dans le 6e arrondissement ou le nord du 7e, dont 42 % utilisent les transports en commun et 25 % la marche ou le vélo, pour une distance médiane de seulement 4 kilomètres entre domicile et travail. À l'opposé, les propriétaires modestes des franges périurbaines parcourent en moyenne 13 kilomètres et utilisent la voiture à 82 %.
Cette photographie doit toutefois être maniée avec précaution. Le recensement interroge sur le mode de transport principal déclaré, pas sur la fréquence réelle des trajets ni sur les combinaisons de modes (marche jusqu'à une station, puis métro, par exemple) : le télétravail, en plein essor depuis 2020, n'est pas non plus comptabilisé comme une alternative à la mobilité, alors qu'il réduit mécaniquement le nombre de trajets. L'indicateur mesure une pratique dominante, pas l'intensité de la dépendance automobile au quotidien.
À l'échelle régionale, une autre étude Insee (Flash Auvergne-Rhône-Alpes n°84, données 2017) situait la part des modes doux à 9,2 % des actifs de la région, contre 8,3 % en moyenne nationale, faisant d'Auvergne-Rhône-Alpes la région la mieux placée parmi les grandes régions métropolitaines sur ce critère. Grenoble y arrivait en tête pour le vélo, avec 16,3 % des actifs, devant Lyon. Au niveau national, une publication Insee Première (n°1835, données 2017) chiffrait l'usage de la voiture à 74 % des actifs français, contre 16 % pour les transports en commun et 8 % pour la marche et le vélo réunis : l'aire lyonnaise fait donc légèrement mieux que la moyenne nationale sur les transports en commun, portée par son réseau de métro et de tramway, sans que l'écart bouleverse la hiérarchie des usages.
Entre 2015 et 2020, la même source nationale notait une érosion modeste de la voiture (moins 0,9 point) au profit du vélo (plus 0,9 point), un mouvement trop ténu pour changer la structure des déplacements. La prochaine actualisation du recensement, portant sur l'année 2022, permettra de vérifier si cette lente bascule se poursuit dans la Métropole de Lyon.