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Santé

Endométriose : des chercheurs lyonnais misent sur le sang menstruel pour accélérer le diagnostic

Des chercheurs lyonnais identifient cinq marqueurs génétiques dans le sang menstruel, une piste pour diagnostiquer l'endométriose plus vite.

Par rédaction Passage Lyonnais2 min de lectureLyon

Sept ans. C'est le délai moyen qui sépare l'apparition des premiers symptômes du diagnostic d'endométriose en France, selon l'Assurance maladie, qui évoque même « au moins huit ans » dans sa dernière mise à jour de juin 2025. Une équipe associant l'Inserm, l'Institut Pasteur, l'université Claude Bernard Lyon 1 et le Centre Léon-Bérard vient de publier dans la revue BMC Medicine des travaux qui pourraient raccourcir ce parcours du combattant, en s'appuyant sur un fluide biologique disponible chaque mois : le sang menstruel.

L'endométriose touche entre 10 et 15 % des femmes en âge de procréer, soit 1,5 à 2,5 millions de personnes en France. La maladie se caractérise par la présence de tissu de type utérin en dehors de l'utérus, provoquant douleurs chroniques, troubles digestifs et parfois infertilité. Son diagnostic reste compliqué : l'échographie endovaginale, recommandée en première intention par la Haute Autorité de santé depuis mai 2025, peine à repérer les lésions de petite taille, et les spécialistes capables de les identifier restent peu nombreux.

Dirigée par Camille Berthelot, chercheuse Inserm à l'Institut Pasteur, et Axelle Brulport, chercheuse Inserm au laboratoire des applications thérapeutiques des ultrasons (Inserm, Lyon 1, Centre Léon-Bérard), l'équipe a analysé le sang menstruel de dix femmes de 18 à 45 ans, certaines atteintes d'endométriose dite « profonde », d'autres non malades. En séquençant le contenu génétique des cellules prélevées, les chercheuses ont observé des différences nettes d'expression de certains gènes, particulièrement marquées parmi les cellules épithéliales, celles qui recouvrent la muqueuse utérine. Cinq biomarqueurs ont ainsi pu être validés dans l'échantillon global de sang, sans nécessiter de tri cellulaire coûteux.

« Le sang menstruel, facilement accessible, pourrait être utilisé à des fins diagnostiques », souligne Axelle Brulport, tout en précisant que « des recherches supplémentaires sont nécessaires pour établir leur généralisation » à différents types d'endométriose et vérifier la stabilité de ces marqueurs d'un cycle à l'autre. Camille Berthelot insiste elle aussi sur le caractère préliminaire de l'étude, menée sur un nombre réduit d'échantillons, qui appelle une confirmation sur des cohortes plus larges.

Une demande de brevet a été déposée par l'Institut Pasteur, en copropriété avec l'Inserm, le CNRS et l'université Paris Cité. Les autrices précisent que la mise en œuvre clinique de ces travaux, soutenus notamment par la Fondation pour la recherche sur l'endométriose et l'association EndoFrance, prendra encore du temps avant d'aboutir à un test utilisable en cabinet médical.

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