Fourvière : le jardin du Rosaire entrouvre ses portes après sept mois de travaux
Un nouveau portail, calqué sur les modèles du XIXe siècle, s'ouvre désormais montée du Cardinal Decourtray. Fermé depuis des années, cet accès historique du jardin du Rosaire, créé en 1864, retrouve sa fonction : permettre aux promeneurs de rejoindre la basilique de Fourvière par un cheminement resté clos pendant des décennies.
La Ville de Lyon a rouvert lundi 3 août le « secteur Jaricot », partie sud de ce jardin de 2,5 hectares niché en contrebas du sanctuaire, après sept mois de chantier engagé en janvier. Une passerelle sécurise désormais le passage étroit au pied de l'ancienne tour de l'Observatoire, tandis que les réseaux d'eau, d'éclairage et les cheminements ont été partiellement refaits. Les bornes d'éclairage suivront mi-août, les plantations à l'automne.
Cette réouverture n'est qu'une étape. Le secteur Rosaire, lui, fermera à son tour le 31 août pour permettre la poursuite des travaux : les visiteurs devront alors transiter par le nouveau portail Jaricot pour rejoindre Fourvière, avec une signalétique dédiée. La restauration complète, confiée à l'agence RL&A en lien avec les services de l'État, doit s'achever à l'été 2027. Son coût atteint 5,5 millions d'euros, financés notamment par l'État à hauteur de 400 000 euros au titre de la convention Patrimoine 2019-2024, et par la Fondation du patrimoine pour 50 000 euros.
Le site n'est pas un jardin ordinaire. Sur ses 2,5 hectares, 1,9 hectare est classé au titre des Monuments historiques depuis 2014, et il se situe en amont de la zone du glissement de terrain qui avait fait 39 morts dans le Vieux-Lyon en novembre 1930. Un arrêté de péril a d'ailleurs été pris sur la partie haute du jardin, où des travaux de confortement sont en cours avant toute restauration paysagère.
Au-delà de la sécurisation, le projet vise à retrouver la lecture historique du site : les anciennes stations du chemin de croix, où les pèlerins récitaient le Rosaire, seront évoquées par des plantations aux essences et couleurs rappelant les trois cycles de mystères, joyeux, douloureux et glorieux, sans reconstitution des sculptures disparues. Des mesures de protection de la biodiversité accompagnent le chantier, dont la gestion de l'éclairage nocturne et l'installation de passages à faune.
Les premiers retours de riverains, exprimés notamment en ligne, pointent surtout des barrières de chantier jugées inesthétiques et des interrogations sur le stationnement à proximité, en attendant la livraison complète prévue dans un an.