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Fédération martiale du 30 mai 1790 dans la plaine des Brotteaux à Lyon (gravure).

Culture

Gadagne numérise 16 tableaux du vieux Lyon en gigapixels

Par rédaction Passage Lyonnais2 min de lectureVieux-LyonLyonUnknown authorUnknown author, Public domain — Wikimedia Commons

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Zoomer jusqu'à distinguer une craquelure de vernis ou un pli de tissu sur une toile vieille de quatre siècles : c'est désormais possible depuis un ordinateur, sans franchir le seuil de l'hôtel Gadagne. Le musée d'histoire de Lyon a mis en ligne le 10 juillet seize tableaux représentant la ville entre le 16e et le 19e siècle, capturés en ultra haute définition et consultables gratuitement sur son site.

Le travail a été mené par le photographe lyonnais Matías Antoniassi, sous la direction de Michaël Douvegheant, chef de projet à Gadagne. La technologie du gigapixel permet des zooms extrêmes révélant des détails invisibles à l'œil nu lors d'une visite classique : éléments d'architecture, scènes de la vie quotidienne, traces de pinceau. Une manière de faire parler des œuvres que la distance de sécurité imposée en salle tient d'ordinaire à l'écart du regard.

Le musée revendique un double objectif. D'abord l'accessibilité : les personnes à mobilité réduite ou résidant hors de Lyon peuvent désormais explorer ces peintures à distance, avec la même précision qu'un conservateur penché sur la toile. Ensuite la conservation : documenter l'état exact d'une œuvre à un instant donné facilite le travail des restaurateurs et des chercheurs, qui disposent ainsi d'un référentiel visuel daté pour suivre l'évolution du vernis, des pigments ou d'éventuelles altérations.

Ces tableaux appartiennent au fonds du musée d'histoire de Lyon, riche d'environ 80 000 œuvres et objets constitués depuis le milieu du 17e siècle, selon les données publiées par l'institution. Parmi les scènes que l'on peut désormais scruter au pixel près figurent des représentations de grands moments lyonnais, comme les fédérations révolutionnaires organisées place Bellecour en 1790, immortalisées par des graveurs de l'époque et conservées dans les collections locales.

L'initiative s'inscrit dans un mouvement plus large de numérisation des collections patrimoniales françaises, engagé depuis plusieurs années par de nombreux musées pour élargir leurs publics au-delà des salles physiques. Gadagne, fermé de 1857 à 1921 avant sa réouverture dans l'hôtel Renaissance du Vieux-Lyon racheté par la ville en 1902, avait déjà mis en avant la valorisation numérique de ses fonds via ses pages consacrées aux collections et à la documentation.

L'accès à l'expérience, baptisée « Œuvres en Gigapixel », reste gratuit et ouvert à tous depuis le site du musée. Reste à voir si ce même traitement sera étendu à d'autres pans de la collection, notamment aux pièces textiles et aux marionnettes, second axe de l'institution lyonnaise.

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