
Lyon en chiffres , Immobilier ancien : la carte des baisses de prix, arrondissement par arrondissement
La base DVF des notaires confirme une baisse générale des prix anciens à Lyon depuis 2022, mais deux fois plus forte dans certains arrondissements.
Depuis trois ans, l'annonce punaisée en vitrine d'agence affiche de plus en plus souvent un prix revu à la baisse. Ce n'est pas une impression : c'est ce que mesure, transaction après transaction, la base DVF (Demandes de valeurs foncières), le fichier que la Direction générale des finances publiques tire des actes notariés et met à jour deux fois par an, en avril et en octobre, sur data.gouv.fr. Chaque ligne y est une vente réelle, avec son prix et son adresse cadastrale : c'est la matière première la plus brute et la plus fiable dont on dispose sur le marché du logement ancien.
À l'échelle de Lyon, le repli est net. D'après les analyses tirées de cette base, le prix moyen de l'appartement ancien s'établit autour de 4 430 euros le mètre carré en 2026, contre un pic proche de 5 140 euros fin 2022, selon les relevés de la Chambre des notaires du Rhône pour cette période : soit un recul de l'ordre de 7 % sur deux ans. La bascule s'est produite au tournant de 2023, quand la hausse des taux de crédit a brutalement réduit le pouvoir d'achat immobilier des ménages, après une décennie de hausse presque continue.
Mais la baisse ne mord pas partout pareil. Le baromètre LPI-iad, construit sur des transactions notariées de novembre 2024, détaille neuf trajectoires bien distinctes selon l'arrondissement. Le 5e recule le plus fort, à 11,2 % sur un an, pour un prix médian de 4 082 euros le mètre carré ; le 3e suit avec 9,2 % de baisse (4 707 euros). À l'inverse, le 9e (4 229 euros) et le 6e (5 847 euros, le plus cher de la ville) reculent à peine, autour de 2 %. Le baromètre des notaires du Rhône pour 2025 confirme cette hétérogénéité : le 2e arrondissement, le plus onéreux avec 5 330 euros le mètre carré, ne cède que 6 %, quand le 6e perd, sur cette période, 10,9 %. Les écarts entre sources tiennent aux méthodes et aux fenêtres temporelles retenues, mais le sens général converge : la baisse est générale, son intensité ne l'est pas.
Ce repli lyonnais est aussi plus marqué que la moyenne nationale. Selon l'indice Notaires-Insee, les appartements anciens en France ont perdu 1,8 % sur un an au quatrième trimestre 2024, et 1,2 % en province hors Île-de-France : Lyon a donc décroché nettement plus vite que la tendance de fond, rattrapant en partie la surcote acquise pendant les années de hausse ininterrompue.
Reste une limite méthodologique à garder en tête : DVF mesure des prix de vente actés, pas des estimations de valeur ni l'état réel des biens (travaux, étage, luminosité), ce qui peut faire varier fortement le prix au mètre carré à l'intérieur d'un même quartier selon la qualité du parc vendu sur la période. Les chiffres par arrondissement, en particulier sur des volumes de transactions réduits, doivent donc se lire comme des ordres de grandeur plutôt que comme des cotations précises. La prochaine mise à jour du fichier DVF est attendue en octobre 2026.
Sources
data.gouv.fr / DGFiP
Demandes de valeurs foncières (DVF)MySweetimmo
Immobilier Lyon : les prix poursuivent leur baisseQoridor (données DVF)
Prix immobilier LyonInsee
Au quatrième trimestre 2024, les prix des logements anciens sont quasi stables (+0,1 %) - Indices Notaires-InseeActual Immo
Prix immobilier à Lyon : ces arrondissements qui décrochent pendant que d'autres tiennent


