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Intérieur de la halle Tony Garnier, Lyon.

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JO d'hiver 2030 : à trois ans des Jeux, le pôle glace lyonnais cherche encore sa configuration définitive

Par rédaction Passage Lyonnais3 min de lectureChabe01, CC BY-SA 4.0 — Wikimedia Commons

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Sous la charpente métallique jaune de la Halle Tony-Garnier, celle que les Lyonnais connaissent pour les concerts, les salons professionnels ou le Festival Lumière, doit un jour accueillir la glace olympique. Le 24 août, la Métropole de Lyon annonçait la transformation officielle du lieu en pôle de patinage artistique et de short-track pour les Jeux d'hiver Alpes 2030. Dix jours plus tard, cette même affectation vacille : le Comité international olympique et la Fédération internationale des sports de glace jugent la jauge de la Halle, entre 8 000 et 10 000 places selon les configurations, insuffisante pour une discipline aussi rentable en billetterie que le patinage artistique. Une bascule vers Eurexpo, à Chassieu, est désormais à l'étude.

Le dossier présenté fin août par la Métropole décrit un plan qui paraissait stabilisé : Halle Tony-Garnier pour le patinage et le short-track, LDLC Arena de Décines-Charpieu pour le hockey masculin, Eurexpo pour le curling et le hockey féminin, avec plus de 1 600 athlètes et para-athlètes attendus sur ces trois sites. C'est ce même agencement que ce journal détaillait le 24 août, quand la Halle Tony-Garnier venait d'être présentée comme officiellement transformée en pôle de glace.

Le puzzle des trois salles n'est toujours pas bouclé

Selon des informations rapportées début septembre, le gestionnaire d'Eurexpo, GL Events, propose des halls capables d'accueillir une jauge nettement supérieure à celle de la Halle Tony-Garnier. Le scénario à l'étude ferait donc migrer le patinage artistique, le patinage synchronisé et le short-track à Chassieu, tandis que le curling, initialement prévu à Eurexpo, rejoindrait la Halle Tony-Garnier pour que Lyon intra-muros conserve une compétition olympique. Rien n'est arrêté : la décision doit être tranchée lors d'un bureau exécutif du comité d'organisation (COJOP) réuni le 10 septembre à Décines-Charpieu, juste avant une visite d'inspection du CIO les 16 et 17 septembre.

Ce flottement s'inscrit dans une histoire plus longue que celle du seul été 2026. Le pôle glace n'a atterri dans l'agglomération lyonnaise qu'après le retrait de Nice, où le maire Éric Ciotti avait refusé de libérer l'Allianz Riviera pour le hockey sur glace. Le COJOP avait alors justifié le basculement vers Lyon par un argument budgétaire, une solution jugée moins coûteuse que le scénario niçois. Éric Ciotti avait dénoncé un choix « politicien », affirmant qu'une ville classée à gauche avait été préférée à Nice ; la ministre des Sports Marina Ferrari lui avait répondu que le maire avait fait son choix. Trois mois plus tard, c'est la Métropole de Lyon qui doit à son tour composer avec les exigences changeantes du Comité international olympique.

Ce que les collectivités lyonnaises risquent d'avoir à payer

Deux notes confidentielles de l'Inspection générale des finances, révélées cet été, chiffrent un déséquilibre du budget global des Jeux Alpes 2030 compris entre 850 et 900 millions d'euros à couvrir par les collectivités publiques, l'IGF évaluant le coût réel de l'événement à près de 2,4 milliards d'euros quand le COJOP l'avait initialement arrêté à 1,9 milliard. Le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes évoque de son côté un engagement régional de 493 millions d'euros. À l'échelle lyonnaise, aucune ventilation officielle de la part qui reviendrait à la Métropole ou à la Ville de Lyon n'a été rendue publique à ce stade.

Face à ces montants, le maire de Lyon Grégory Doucet met en avant des retombées économiques qu'il chiffre à 500 millions d'euros pour la ville, tirées de la fréquentation hôtelière et de l'exposition internationale offerte par les compétitions de glace. Des organisations comme Mountain Wilderness, France Nature Environnement ou Attac critiquent depuis plusieurs mois l'opacité budgétaire et l'impact environnemental des dérogations d'urbanisme accordées par la loi olympique promulguée le 20 mars 2026, mais leurs mobilisations visent avant tout les sites alpins de ski. Aucune opposition organisée ne s'est à ce jour exprimée publiquement contre le pôle glace lyonnais lui-même.

Le seul chantier lyonnais qui avance sans réajustement de dernière minute reste le village olympique et paralympique, confirmé à la Saulaie, à Oullins-Pierre-Bénite, comme nous l'écrivions le 13 août. Les hébergements construits pour loger environ 1 500 athlètes doivent être reconvertis après les Jeux en 870 logements, dont 630 à vocation familiale, au sein d'un écoquartier de 40 hectares.

Le bureau exécutif du COJOP se réunit le 10 septembre à Décines-Charpieu pour trancher l'affectation définitive des trois salles lyonnaises, avant l'arrivée d'une délégation du Comité international olympique les 16 et 17 septembre.

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