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JO d'hiver 2030 : les clubs de glace lyonnais entre euphorie et embouteillage aux patinoires

Par rédaction Passage Lyonnais2 min de lecturePierre.berendes, CC BY-SA 4.0 — Wikimedia Commons

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Vingt licenciés qui rêvent déjà de milliers d'adhérents : à la patinoire Baraban, le Lyon Curling mesure l'ampleur du symbole. Dans moins de quatre ans, les épreuves de glace des Jeux d'hiver Alpes 2030 se joueront à trois pas de chez lui, à la Halle Tony-Garnier, à la LDLC Arena de Décines et à Eurexpo Chassieu, pendant que Baraban et Charlemagne serviront de sites d'entraînement aux délégations. De quoi transformer des disciplines confidentielles en attractions populaires, le temps d'une olympiade.

« On commence souvent le curling pour la blague et on y reste. Les Jeux vont créer un engouement qui devrait accélérer le développement de nos clubs », veut croire Bertrand Bac-David, président du Lyon Curling, qui mise sur l'effet vitrine pour recruter au-delà des vingt pratiquants actuels. Même optimisme chez Patrice Ferrante, président de Lyon Glace Patinage (664 licenciés), qui espère voir naître une équipe de patinage synchronisé à neuf, discipline qui doit intégrer le programme olympique.

Côté hockey, le Lyon Hockey Club (530 licenciés, 22 équipes) joue sur du velours : son équipe élite attire déjà en moyenne 2 600 spectateurs par match à la patinoire Charlemagne, qui compte 3 175 places et accueille environ 400 000 visiteurs par an, hockey mis à part. Lyon organisera par ailleurs le Championnat du monde de hockey en 2028, répétition grandeur nature avant 2030.

Mais l'enthousiasme se heurte à un mur bien réel : la capacité des infrastructures. « On ne prend plus de jeunes au-delà de huit ans, avertit le président du LHC, Fabrice Baravaglio. Les JO vont attirer davantage de monde et il va falloir gérer cet afflux. » Le problème n'est pas nouveau. Au Lyon Curling, la saturation des créneaux avait déjà conduit le club, faute de place sur son unique piste, à tirer au sort les nouvelles inscriptions plutôt que de refuser ou d'accepter tout le monde, selon des témoignages rapportés par la presse locale. Un ancien président du club avait même démissionné après douze ans, invoquant la dégradation continue des conditions de pratique. Lyon Glace Patinage refuse lui aussi déjà de nouvelles adhésions.

L'enjeu dépasse le seul calendrier olympique. Les dirigeants des clubs plaident pour une troisième patinoire dans la métropole, seule solution selon eux pour transformer l'engouement passager en héritage durable. Le sujet reste sensible à l'échelle nationale : le budget global des Jeux d'hiver Alpes 2030, arrêté à 2,132 milliards d'euros, ferait face selon des rapports de l'Inspection générale des finances à un déficit compris entre 850 et 900 millions d'euros, à la charge des collectivités. De quoi peser, en creux, sur la capacité de la métropole à financer de nouveaux équipements de glace au-delà des Jeux.

Reste à savoir combien de ces licenciés supplémentaires, séduits par la ferveur olympique, trouveront réellement une piste où poser leurs patins d'ici 2030.

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