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Culture

Journées du patrimoine : l'Hôtel de Ville de Lyon rouvre ses salons, 82 ans jour pour jour après le discours de De Gaulle

Le 19 et 20 septembre, 155 lieux lyonnais ouvrent leurs portes, 82 ans jour pour jour après le discours de De Gaulle à l'Hôtel de Ville.

Par rédaction Passage Lyonnais3 min de lecturePresqu'îleLyon
ÉvénementHôtel de Ville de Lyon et 155 lieux de la villeVoir l'agenda →

Le 14 septembre 1944, onze jours après le départ des troupes allemandes, le général de Gaulle gravissait la rue de la République jusqu'à l'Hôtel de Ville et lançait depuis son balcon, face à la foule massée place des Terreaux, une phrase qui allait coller à la ville : « cette capitale gauloise qui fut ensuite la capitale de la Résistance française ». Quatre-vingt-deux ans plus tard, jour pour jour, la mairie de Lyon a choisi cette même date pour annoncer l'ouverture exceptionnelle de ses salons au public, les 19 et 20 septembre, dans le cadre des Journées européennes du patrimoine. Le hasard du calendrier est trop précis pour n'être qu'une coïncidence administrative, et la thématique retenue localement, « Visages de la Résistance », en tire toute sa cohérence.

De 10 heures à 18 heures les deux jours, l'Hôtel de Ville lève le rideau sur ses salons habituellement fermés au public, avec en toile de fond une exposition consacrée aux visages de la Résistance et, dans la cour d'honneur, des mini concerts de carillon assurés par Charles Dairay, le carillonneur officiel de la ville. L'instrument, 64 cloches coulées entre 1675 et 2000, avait été inauguré le 11 novembre 1919 et fêté son centenaire en 2019 : il sonne donc, cette année, sa 107e rentrée.

Ce que le chiffre de 155 lieux dit de l'appétit patrimonial lyonnais

La mobilisation dépasse largement l'Hôtel de Ville. Selon le communiqué municipal du 14 septembre, près de 155 lieux et équipements participent cette année à Lyon, contre un peu plus d'une centaine recensés par la presse locale lors de l'édition 2025. Musées municipaux, bibliothèque de la Part-Dieu, archives, mairies d'arrondissement, parc zoologique, piscine de Vaise, mais aussi des partenaires comme l'Opéra, les Subsistances, la Bourse du Travail, la Maison des Canuts ou le Palais Saint-Jean ouvrent portes et coulisses. Comme nous l'écrivions début septembre, l'Opéra fait visiter ses dix-huit étages jusqu'au Grand Studio du ballet, tandis que la bibliothèque de la Part-Dieu lève le voile sur ses ateliers de reliure et ses silos, et que les Hospices civils ouvrent chapelles et lactarium.

À l'échelle nationale, le mouvement suit la même courbe. La 42e édition, en 2025, avait rassemblé plus de 18 500 lieux et 29 000 événements selon le ministère de la Culture, contre environ 17 000 lieux et 28 000 événements pour la 41e édition en 2024. Deux progressions qui se recoupent : le patrimoine ouvert au public gagne du terrain chaque année, à Lyon comme dans le reste du pays, porté par une fréquentation que la ville n'a jamais chiffrée précisément mais qu'elle décrit systématiquement comme en hausse, avec des pics traditionnels sur l'Hôtel-Dieu et la basilique de Fourvière.

Cette édition 2026 s'inscrit dans un jeu de thèmes à double niveau. Le ministère de la Culture a retenu au plan national « Patrimoine de la photographie », pour le bicentenaire de l'invention de Nicéphore Niépce, et au plan européen « Patrimoine en péril : raviver, résister, réimaginer ». Lyon a préféré construire sa propre déclinaison, « Visages de la Résistance », qui ne figure dans aucune liste ministérielle mais s'ancre directement dans l'histoire locale de la ville sous l'Occupation, quand Jean Moulin y installait la coordination des mouvements de résistance avant son arrestation à Caluire en 1943.

Portes ouvertes un week-end, et le reste de l'année ?

La gratuité affichée masque une réalité plus contrainte : une large partie des visites se fait sur réservation obligatoire, avec des créneaux souvent limités à une douzaine ou une quinzaine de personnes et des listes d'attente qui se remplissent en quelques jours, comme le signalent chaque année les organisateurs de sites très demandés tels que l'Observatoire de Lyon. Aucune opposition organisée ne s'est exprimée publiquement contre la manifestation elle-même. Mais l'association Renaissance du Vieux-Lyon, doyenne des défenseurs du patrimoine lyonnais, qui fêtera ses 80 ans le 18 octobre, rappelle régulièrement que l'ouverture ponctuelle de certains bâtiments ne remplace pas leur restauration ni leur usage permanent. Dans les priorités qu'elle a formulées pour le mandat municipal 2026-2032, elle place en tête la restauration du Palais Saint-Jean « pour l'ouverture d'un ou plusieurs équipements », précisément l'un des lieux partenaires que les Lyonnais pourront visiter le temps d'un week-end avant qu'il ne referme. La question posée, en creux, par ces journées est donc moins celle de l'accès que celle de sa durée.

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