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Santé

Kiné sans ordonnance dans le Rhône : 289 praticiens ouvrent leurs portes en accès direct

Par rédaction Passage Lyonnais2 min de lecturePhoto by yury kirillov on Unsplash

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Plus besoin de passer par son médecin pour certains maux

Depuis le 15 juin 2026, les habitants du Rhône et de l'Isère peuvent prendre rendez-vous directement chez certains masseurs-kinésithérapeutes sans avoir à obtenir au préalable une prescription médicale. L'Agence régionale de santé (ARS) Auvergne-Rhône-Alpes a officialisé le déploiement de cette expérimentation nationale dans les deux départements, qui mobilise 289 kinésithérapeutes dans le Rhône et 192 en Isère.

Concrètement, un patient souffrant d'une lombalgie aiguë récente ou d'une entorse de cheville bénigne peut désormais appeler directement un praticien inscrit au dispositif, sans détour par la salle d'attente du généraliste. Les séances sont remboursées par l'Assurance Maladie dans les conditions habituelles, à condition que le kinésithérapeute soit conventionné. En l'absence de diagnostic médical préalable, la prise en charge est toutefois plafonnée à huit séances.

Un cadre issu de la loi Rist II

Cette ouverture s'inscrit dans le cadre de la loi du 19 mai 2023 portant amélioration de l'accès aux soins par la confiance aux professionnels de santé, dite loi Rist II, qui a posé les bases d'une expérimentation de cinq ans sur l'accès direct aux paramédicaux. D'autres territoires ont ouvert la voie, comme les Yvelines dès 2025, avant que la région Auvergne-Rhône-Alpes rejoigne le dispositif.

Le médecin traitant n'est pas écarté pour autant : il est systématiquement informé de la démarche lors de la première consultation. Si l'état du patient l'exige, le kinésithérapeute est tenu de l'orienter vers un avis médical. L'ARS suit l'expérimentation en lien avec l'URPS masseurs-kinésithérapeutes Auvergne-Rhône-Alpes et les ordres de la profession.

Pour identifier un praticien participant, l'URPS met à disposition l'annuaire en ligne annur-kine.fr, où il suffit de sélectionner l'option « Accès direct sans ordonnance ».

Des réserves dans la profession médicale

L'enthousiasme des kinésithérapeutes ne fait pas l'unanimité du côté des médecins. Plusieurs syndicats de généralistes ont exprimé, lors des débats sur la loi Rist, des inquiétudes quant au risque de pathologies masquées — une douleur dorsale pouvant parfois dissimuler une cause organique plus grave. Le plafonnement à huit séances et l'obligation d'orienter le patient en cas de doute constituent les principales garanties intégrées au dispositif pour répondre à ces craintes.

Du côté des patients, l'enjeu est surtout pratique dans un département où les délais pour obtenir une consultation chez un médecin généraliste peuvent dépasser plusieurs jours. Supprimer une étape administrative représente un gain de temps non négligeable, notamment pour les actifs touchés par un mal de dos soudain ou une cheville tordue sur un terrain de sport.

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