Passage Lyonnais
L'entrée et le parvis de l'hôpital de la Croix-Rousse, avec le panneau des urgences, à Lyon.
Benoît Prieur, CC0 · Wikimedia Commons

Santé

L'hôpital de la Croix-Rousse ouvre une consultation dédiée aux fausses couches précoces pour éviter les urgences

L'hôpital lyonnais crée un circuit court avec la médecine de ville pour sortir les fausses couches précoces des urgences.

Par Rédaction Passage Lyonnais2 min de lectureCroix-RousseLyon

Jusqu'à présent, une femme dont la grossesse s'arrêtait au premier trimestre, sans douleur ni saignement, n'avait qu'une porte d'entrée à l'hôpital : les urgences. Avec leur attente parfois longue, leurs box partagés avec d'autres situations critiques, et le risque de devoir répéter un examen déjà fait en ville.

Depuis juillet 2026, l'hôpital de la Croix-Rousse propose une consultation de gynécologie semi-urgente réservée à ces patientes. Le dispositif a été construit avec la communauté professionnelle territoriale de santé (CPTS) Croix-Rousse-Presqu'île et le centre de santé Emanéa, qui réunissent des médecins généralistes, sages-femmes, radiologues et gynécologues des 1er, 2e, 4e et 6e arrondissements.

Selon les Hospices Civils de Lyon, 200 000 grossesses s'arrêtent spontanément chaque année en France au premier trimestre, un phénomène qui touche 10 à 20 % des grossesses.

Le parcours a été formalisé par une charte entre ville et hôpital. Quand le diagnostic est posé en ville, lors d'une échographie de datation par exemple, le professionnel transmet un compte-rendu standardisé et la patiente obtient un rendez-vous dans les 48 à 72 heures, le lundi, mercredi ou vendredi matin, avec une attente maximale d'une heure annoncée par le CHU. « Avant, l'orientation vers les urgences constituait la règle et ce n'était pas une réponse satisfaisante. Il fallait réinterroger la patiente, parfois répéter des examens, la reconvoquer », explique la professeure Marion Cortet, cheffe adjointe du service de gynécologie-obstétrique, à l'initiative d'un projet né avant la pandémie.

La prise en charge, chirurgicale ou médicamenteuse, est décidée lors de la consultation, avec date opératoire fixée le jour même en cas de chirurgie. Un compte-rendu repart ensuite vers le professionnel de ville, et la patiente est revue trois à quatre semaines plus tard pour évoquer le vécu de cette perte.

Un volet psychologique complète le dispositif, sous la forme d'entretiens individuels ou du groupe de parole Envol, créé par la psychologue Fanny Damian en lien avec la professeure Cortet. Selon le CHU, plus de 90 % des femmes ayant subi une fausse couche précoce ne bénéficient d'aucune aide psychologique en France, alors que 82 % estiment en avoir eu besoin. Les situations avec fièvre, pertes nauséabondes ou saignements hémorragiques continuent de relever des urgences gynécologiques classiques.

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