Passage Lyonnais
Groupama Stadium
Zakarie Faibis, CC BY-SA 4.0 — Wikimedia Commons

Sport

L'OL écrase Rennes 4-0 et grimpe deuxième, un an après avoir frôlé la Ligue 2

Un an après avoir frôlé la rétrogradation en Ligue 2 par la DNCG, l'OL grimpe deuxième de Ligue 1 après un 4-0 sur Rennes.

Par rédaction Passage Lyonnais3 min de lectureDécines-Charpieu

Sept mille places restaient à trouver samedi soir avant le coup d'envoi contre Rennes pour que le Groupama Stadium affiche complet. Elles ont trouvé preneur. Dans les tribunes rouge et bleu, environ 27 000 abonnés ont vu leur équipe infliger au troisième de Ligue 1 la pire correction de son début de saison: 4 buts à 0, doublé d'Ernest Nuamah, réalisations d'Athekame et de Tolisso. Il y a un peu plus d'un an, ce même stade accueillait un club sous le coup d'une rétrogradation administrative en Ligue 2, prononcée par la Direction nationale du contrôle de gestion (DNCG) alors que l'équipe évoluait pourtant à la cinquième place du championnat. Samedi, l'OL a terminé la soirée deuxième, à deux longueurs seulement de Monaco.

Le scénario du match n'a laissé aucune place au suspense. Nuamah ouvre le score dès la 7e minute, puis double la mise à la 17e sur un mouvement collectif initié par Sulc. Athekame enfonce le clou juste après la pause, avant que Corentin Tolisso, capitaine et enfant du club, ne conclue à la 76e minute d'une frappe limpide en bordure de surface. Franck Haise, l'entraîneur rennais, a pris la défaite entièrement à son compte en zone mixte, sur les ondes de Ligue 1+: "Sept changements, tu perds 4-0, tu as tort, un point c'est tout." Il avait aligné une équipe largement remaniée, laissant sur le banc son attaquant Esteban Lepaul, auteur de trois buts en quatre journées. Cette défaite n'a rien enlevé au climat de dossier plus large qui pèse sur les deux clubs: elle intervient à l'entame d'une trêve internationale, avant que Rémi Himbert, Zachary Athekame, Loïs Openda ou Keito Nakamura ne rejoignent leurs sélections respectives, comme le club l'a confirmé ce week-end.

Ce que le classement ne dit pas de l'année qui vient de s'écouler

Pour mesurer ce que représente cette deuxième place, il faut revenir à l'été 2025. La DNCG avait alors prononcé la rétrogradation provisoire de l'Olympique Lyonnais en Ligue 2, en fin de saison sportive, malgré son classement en Ligue 1. Le club, jugeant la décision "incompréhensible", avait fait appel dans la foulée. Quinze jours plus tard, la commission d'appel de la fédération avait annulé la sanction, mais assorti le maintien d'un encadrement de la masse salariale et de restrictions sur les indemnités de transfert. C'est dans ce climat que le propriétaire américain John Textor a cédé sa participation majoritaire à Michele Kang, déjà actionnaire du club via son investissement dans la section féminine. L'accord, validé fin juin 2026 pour un montant de 30 millions de dollars sur 87,7 % du capital d'Eagle Football Group, prévoyait aussi jusqu'à 71 millions d'euros de financement frais sur deux saisons. Trois jours après l'officialisation de ce rachat, la DNCG a de nouveau imposé à l'OL un encadrement de la masse salariale, cette fois calé sur le budget de reprise, sanction que le club dit avoir anticipée et qualifie de la moins sévère possible.

C'est dans ce cadre contraint que le club a construit son effectif cet été, avec notamment l'arrivée du défenseur autrichien Felix Bacher, comme nous l'écrivions début août, pour un montant de 4,3 millions d'euros. Paulo Fonseca, l'entraîneur portugais arrivé en 2025, a lui-même revendiqué ce redressement en des termes peu mesurés: "Excusez mon arrogance, mais je suis le meilleur entraîneur de l'histoire récente du club", a-t-il lancé fin août, se référant à sa moyenne de 1,8 point par match sur sa première saison complète, qui aurait valu à Lyon une troisième place s'il l'avait maintenue sur l'exercice 2025-2026 clos à la quatrième place avec 60 points.

Une affluence qui masque la fragilité du modèle

Les 27 000 abonnements enregistrés cette saison, campagne close samedi à 22 heures selon le club, confirment une base de supporters stable au sein d'un stade de 59 186 places, le deuxième plus fréquenté de Ligue 1 la saison passée avec près de 50 000 spectateurs de moyenne en championnat, selon les chiffres communiqués par l'OL. Mais ce socle commercial contraste avec la vulnérabilité administrative révélée par l'épisode de la DNCG: un club performant sur le terrain, classé parmi les meilleures affluences du pays, a pu se retrouver menacé de relégation pour des raisons purement comptables. Aucune contestation publique de supporters ou d'associations de fans n'a émergé lors du dernier passage devant la DNCG, le club ayant choisi la voie de l'appel juridique plutôt que de la mobilisation. La prochaine échéance financière du club interviendra lors du nouvel examen de la DNCG à l'issue de la saison, qui déterminera si l'encadrement salarial actuel est maintenu, allégé ou renforcé.

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