La Métropole de Lyon abandonne le projet Rive Droite du Rhône
Le projet Rive Droite du Rhône ne verra pas le jour. La présidente de la Métropole de Lyon, Véronique Sarselli (Les Républicains), a confirmé le 23 juillet l'abandon définitif de ce réaménagement des quais, qu'elle avait suspendu dès son arrivée à la tête de la collectivité, fin mars, à trois jours du démarrage du chantier. Une décision qui solde l'un des grands projets urbains hérités de la mandature écologiste précédente.
Un aménagement pensé pour ramener la ville au fleuve
Présenté en 2023 sous la présidence de Bruno Bernard (Les Écologistes), le projet devait transformer 2,5 kilomètres de berges de la rive droite du Rhône, entre le pont de Lattre de Tassigny et le pont Gallieni. L'objectif affiché : rendre aux piétons un espace occupé depuis plus de soixante-dix ans par une voie rapide automobile, et rouvrir l'accès direct au fleuve.
Le programme, confié à l'agence BASE à l'issue d'un dialogue compétitif, prévoyait quatre nouvelles terrasses au bord de l'eau, neuf belvédères et l'ouverture des bas-ports. Côté environnement, la Métropole annonçait 1 200 arbres plantés et 30 000 m² d'espaces végétalisés, avec plus de la moitié de la surface (53 %) réservée aux modes doux et 45 % de sols rendus perméables. La circulation automobile devait être ramenée à trois files. Une enquête publique s'était tenue du 16 juin au 16 juillet 2025, et les premiers travaux étaient attendus pour une livraison complète en 2030.
Suspendu à trois jours du premier coup de pioche
Le calendrier a basculé au printemps 2026. Élue à la présidence de la Métropole après le scrutin de mars, Véronique Sarselli a annoncé la suspension du chantier le 27 mars, soit trois jours avant le lancement des premiers travaux préparatoires. Les élus écologistes avaient alors dénoncé un « gaspillage irresponsable », la collectivité s'exposant à des pénalités financières — évaluées à plus d'un million d'euros vis-à-vis de RTE — pour l'arrêt d'opérations déjà engagées.
Longtemps présentée comme une simple mise en pause, la décision est devenue un abandon pur et simple le 23 juillet. La rive droite du Rhône restera donc, à court terme, dans sa configuration actuelle de voie de circulation.
Une fracture politique entre la Ville et la Métropole
L'annonce ravive l'opposition entre la Métropole, désormais dirigée par la droite, et la Ville de Lyon, restée aux mains des écologistes. Le maire de Lyon, Grégory Doucet, a réagi vivement, estimant que « la Métropole préfère l'inaction à l'attractivité du centre-ville et sacrifie la santé des Grands Lyonnais ». L'édile a mis en avant le contexte des épisodes de canicule à répétition pour défendre un projet censé apporter ombre et fraîcheur en cœur de ville, et a regretté l'absence de concertation comme d'alternative proposée.
Au-delà des quais du Rhône, ce renoncement illustre la remise en cause, dossier par dossier, de l'héritage urbain de la mandature écologiste par la nouvelle majorité métropolitaine. Le devenir des 2,5 kilomètres de berges concernés, comme celui des études déjà financées, reste pour l'heure sans réponse.
Sources
Métropole de Lyon
Lyon - Rive Droite du RhôneVille de Lyon
La rive droite du RhôneMétropole de Lyon
Rive droite du Rhône : présentation du projet lauréat (dossier de presse, 2023)