La Métropole de Lyon dévoile son plan mobilités : fluidité pour tous, bataille politique en vue
"Sortir de la confrontation" : la Métropole présente sa feuille de route mobilités
C'est depuis Oullins-Pierre-Bénite, lieu symboliquement choisi pour incarner les difficultés de circulation de la grande couronne, que la présidente de la Métropole de Lyon Véronique Sarselli a présenté mardi 9 juin son plan d'actions pour les mobilités. Baptisé "Métropole fluide, sûre et apaisée", le document entend "sortir d'une logique de confrontation entre les modes de déplacement" et repose sur trois principes : aucun usage méprisé, protection des plus vulnérables et fluidité comme enjeu social, économique et écologique.
Vu sur les réseaux
Trois phases sur dix-huit mois
La feuille de route se déploie en trois temps. Durant les cent premiers jours du mandat, la priorité est au rééquilibrage rapide : un audit express des points noirs de circulation a été lancé, et une cartographie des dysfonctionnements les plus pénalisants sera publiée dans les trente jours. Elle croisera données de circulation, remontées des communes et signalements des habitants via la plateforme participative "Ça bloque ? On agit !", ouverte sur jeparticipe.grandlyon.com pour six semaines.
Des corrections immédiates ont d'ores et déjà été annoncées sur la Presqu'île : reprogrammation des feux du quai Romain-Rolland pour fluidifier la sortie du parking Saint-Jean et permettre le retrait des plots controversés, réouverture dans les deux sens de la sortie du parking Bellecour via la rue de la Barre, et retour des arrêts de bus en bas de la place Bellecour. Des marquages au sol seront aussi clarifiés à plusieurs intersections, et le piéton sera "repositionné comme prioritaire" sur certains axes. À Oullins-Pierre-Bénite, le maire Jérôme Moroge a annoncé le retour au double sens de la Grande Rue et des solutions prochaines pour le quartier de la Bussière.
La deuxième phase, à six mois, se concentrera sur la qualité des transports en commun, avec un audit public demandé à Sytral Mobilités portant notamment sur les pannes de métro et tram. La troisième phase, à dix-huit mois, dessinera une vision à plus long terme.
Vives résistances sur la rue Grenette
Le plan n'a pas tardé à susciter des réactions. Renaud Payre, vice-président écologiste de l'ancienne mandature, a estimé que "la politique des mobilités ne peut pas souffrir de postures ou de simples paroles", appelant à "ne pas traiter ses prédécesseurs de dogmatiques". Il a rappelé que les accidents avaient baissé de 41 % dans la Métropole entre 2020 et 2026, chiffre aussitôt contesté dans les commentaires par des opposants réclamant les sources. Les Écologistes Grand Lyon s'inquiètent plus largement d'une "dégradation de l'existant".
Le dossier le plus sensible reste la rue Grenette, fermée aux voitures depuis juin 2025. Une consultation citoyenne lancée par la Ville de Lyon a réuni 17 424 participants, parmi lesquels 72 % se sont prononcés pour le maintien de la rue sans circulation automobile. Véronique Sarselli, qui a annoncé vouloir étudier sa réouverture, doit rendre sa décision d'ici début juillet. Un arbitrage qui s'annonce politiquement périlleux.
Sources
Onlymoov - Info mobilité Métropole de Lyon
La Métropole de Lyon engage un plan d'actions sur les mobilitésRenaud Payre (VP Métropole)
Plan mobilités de la Métropole de Lyon : les Écologistes s'inquiètent | Renaud PAYRE
