
La Métropole de Lyon vote sa candidature au label SERM pour un RER lyonnais
La Métropole vise 113 trains supplémentaires par jour dès 2029, mais le financement des 7 milliards d'euros du projet reste incertain.
Cent huit gares, sept départements, un train toutes les quinze minutes aux heures de pointe sur la plupart des lignes : c'est la promesse, encore lointaine, votée à l'unanimité lundi 28 septembre par le conseil métropolitain de Lyon en validant sa candidature au label de Service express régional métropolitain (SERM).
Ce label, créé par l'État en 2023 pour développer des RER dans une dizaine de grandes villes françaises, doit permettre au bassin lyonnais d'accéder à des financements dédiés. Concrètement, une première phase est annoncée pour 2030, avec un déploiement possible dès janvier 2029 : 113 trains supplémentaires par jour, surtout en heures creuses, des horaires élargis, une dizaine de lignes de bus express ou de lignes TCL renforcées, et sept à huit itinéraires de covoiturage structurés. À plus long terme, le projet doit s'appuyer sur une étoile ferroviaire combinant TER, métros, trams, bus, cars express, covoiturage et vélo, avec à terme une tarification zonale harmonisée entre les réseaux.
La présidente de la Métropole, Véronique Sarselli, a défendu un projet qui doit donner aux habitants "de vraies raisons" de laisser leur voiture au garage, par la fréquence, la fiabilité et les correspondances, sans imposer de contrainte sur l'usage de l'automobile.
Derrière l'unanimité du vote, le financement reste le point de friction. La phase de préfiguration du SERM, engagée depuis mars 2025, a coûté 2,5 millions d'euros, financés pour moitié par l'État, à 25 % par la Région Auvergne-Rhône-Alpes, et le reste par SYTRAL Mobilités et la Métropole. Les chantiers les plus lourds, eux, restent en suspens : le contournement ferroviaire de l'agglomération lyonnaise (CFAL) est estimé entre 2 et 3 milliards d'euros, sans que la Région accepte pour l'instant d'en financer la part nord, la mise à quatre voies entre Saint-Fons et Grenay avoisinerait le milliard, et le pont ferroviaire de Chasse-sur-Rhône 500 millions. Au total, l'ensemble du projet SERM lyonnais est évalué à environ 7 milliards d'euros. Des voix, relayées dans la presse locale, s'inquiètent aussi qu'une partie de l'offre nouvelle repose sur des bus soumis aux embouteillages plutôt que sur la réouverture de lignes ferroviaires.
Les grands travaux d'infrastructure, eux, ne sont pas attendus avant 2032, au plus tôt.
Sources
Communiqués de presse (email)
Communiqué - SERM : la Métropole de Lyon veut accélérer pour développer enfin une véritable offre ferroviaire du quotidien


