Le Barreau de Lyon commémore les 80 ans du procès de Nuremberg, entre Izieu et cinéma
Le 6 avril 1944, quarante-quatre enfants et sept éducateurs de la colonie d'Izieu, dans l'Ain, étaient arrêtés sur ordre de Klaus Barbie, chef de la Gestapo de Lyon. Seule une adulte, Léa Feldblum, survivra à la déportation vers Auschwitz. Quatre-vingts ans plus tard, presque jour pour jour après l'ouverture du procès de Nuremberg le 20 novembre 1945, le Barreau de Lyon organise le 29 septembre une journée entière consacrée à cette mémoire judiciaire, entre le lieu même de la tragédie et les salles obscures.
La matinée sera réservée à une visite du Mémorial des enfants d'Izieu, ouvert en 1994 par François Mitterrand en présence de Sabine Zlatin, cofondatrice de la colonie avec son mari Miron. Le site accueille aujourd'hui plus de 40 000 visiteurs par an, dont 18 000 scolaires, selon les chiffres du mémorial. Cette visite sera l'occasion de présenter le fonds Robert Falco, du nom de ce juge français, mis à l'écart de la magistrature en 1940 par le régime de Vichy en raison de ses origines juives, avant d'être nommé juge suppléant français au procès de Nuremberg aux côtés d'Henri Donnedieu de Vabres. Falco fut l'un des artisans de la charte de Londres, texte fondateur du tribunal militaire international, et laissa des carnets devenus une source précieuse pour les historiens du procès.
Le programme se prolonge le soir avec une projection, à l'UGC Ciné Cité Confluence, du film « Nuremberg » de James Vanderbilt, sorti en France le 28 janvier 2026 pour marquer cet anniversaire. Le long métrage, porté par Russell Crowe et Rami Malek, suit un psychiatre militaire américain chargé d'évaluer les dignitaires nazis avant leur jugement, jusqu'à nouer une relation trouble avec Hermann Göring. La séance sera suivie d'un débat avec la salle, de 19 heures à 23 heures.
L'inscription est obligatoire pour chacun des deux temps, séparément ou conjointement, et la visite du mémorial est limitée à 60 places. Une participation financière est demandée, dont le montant précis figure sur le formulaire d'inscription en ligne.
À l'heure où les derniers témoins directs du procès de Nuremberg ont disparu, cette double proposition, entre lieu de mémoire et fiction cinématographique, interroge la manière dont le droit international continue de transmettre, quatre-vingts ans après, les leçons d'un tribunal fondateur pour la justice pénale internationale.
Sources
Barreau de Lyon
Visite Maison d’Izieu & Projection du film « Nuremberg »