
Le Centre Léon Bérard ouvre un bilan de 3 heures pour l'après-cancer
Un bilan de trois heures, avec activité physique, médecin et infirmier, repère les séquelles que les patients n'osent pas toujours évoquer une fois leurs…
Cinq ans après un diagnostic de cancer, un patient sur trois n'est plus suivi par son médecin traitant. C'est le chiffre que le Centre Léon Bérard met en avant, d'après une étude de l'Institut national du cancer, pour présenter son nouvel hôpital de jour PASCA (PArcours de Santé au cours du CAncer). Le centre le décrit comme « tout récent ». Sa page de présentation a été mise en ligne le 3 novembre.
Trois rendez-vous d'une heure
Le dispositif propose un bilan de trois heures aux patients du centre, suivis en oncologie ou en hématologie, une fois leurs traitements terminés. Il comprend trois interventions d'une heure chacune :
- une consultation avec un enseignant en activité physique, qui évalue la condition physique et les envies du patient, puis détermine les activités les plus adaptées ;
- une consultation avec un médecin généraliste, qui retrace tout le parcours de soins pour repérer les complications liées à la maladie ou aux traitements ;
- un bilan infirmier, avec, sur prescription médicale, une prise de sang, un examen d'urines, une spirométrie (mesure du souffle) et/ou un électrocardiogramme.
Le médecin généraliste cherche aussi les complications dites infracliniques, qui ne provoquent pas encore de symptômes visibles. Avant le bilan, l'assistante médicale du service fait remplir des questionnaires au patient par téléphone. Elle le rappelle quelques jours après pour revoir avec lui la prise en charge proposée.
Ce que mesure l'étude citée
Selon le Centre Léon Bérard, qui cite l'étude de l'Institut national du cancer sur la vie cinq ans après un diagnostic, 73 % des patients ont déclaré des douleurs dans les quinze derniers jours et 46 % des troubles anxieux. Le centre n'a pas fourni l'année de cette étude et nous n'avons pas pu ouvrir le rapport. Ces chiffres sont donc donnés tels que le centre les rapporte.
Le centre énumère d'autres séquelles possibles : essoufflement, fatigue, surpoids, troubles du sommeil, difficultés dans la vie intime, isolement, retour à l'emploi compliqué. Selon lui, le patient n'ose souvent pas en parler à son médecin traitant ou à son oncologue, ou n'y pense pas. La fin des traitements le fait passer d'une phase très entourée à une phase « beaucoup plus passive », où il peut avoir l'impression d'être perdu de vue.
Une orientation près du domicile
Après le bilan, le patient est adressé si nécessaire à d'autres professionnels, au plus près de chez lui : médecin traitant ou spécialistes, enseignants en activité physique adaptée, psychologues, diététiciens.
Pour obtenir un bilan, il faut en parler à son oncologue, à son médecin traitant ou à son radiothérapeute. Le patient peut aussi appeler le 04 51 30 47 55 ou écrire à Hj-Pasca@lyon.unicancer.fr. L'équipe évalue alors si le bilan est pertinent au regard de sa situation médicale.
Ce n'est pas la première fois que le centre lyonnais travaille sur la vie des patients hors de l'hôpital : nous évoquions le 3 novembre ses ateliers destinés aux habitants vivant près de terres agricoles.
Sources
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