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Le Groupama Stadium, à Décines-Charpieu, qui accueillera la finale de l'UEFA Women's Champions League 2028
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Le Groupama Stadium accueillera la finale de la Ligue des champions féminine en 2028, une première pour la France

Le stade de Décines accueillera en 2028 la finale féminine la plus prestigieuse d'Europe, une première pour la France.

Par rédaction Passage Lyonnais4 min de lectureDécines-Charpieu

Le 23 mai, au stade d'Ullevaal, à Oslo, les joueuses d'OL Lyonnes regardaient le FC Barcelone soulever, pour la quatrième fois, le trophée de la Ligue des champions féminine, après une déroute 4-0 qui prolongeait une série noire entamée deux ans plus tôt à Bilbao. Quatre mois plus tard, mardi 15 septembre, réuni à Thessalonique, le comité exécutif de l'UEFA a offert à Lyon une revanche d'un autre genre : le Groupama Stadium accueillera la finale 2028 de cette même compétition, la plus relevée du football féminin de clubs. Le stade national du pays de Galles, à Cardiff, recevra celle de 2029.

C'est une première pour la France. Disputée sur un site unique désigné à l'avance depuis le début des années 2010, la finale de la Ligue des champions féminine n'avait encore jamais posé ses valises dans l'Hexagone. Dans son communiqué, l'Olympique lyonnais présente la décision comme la récompense de « l'engagement du club, de sa présidente Michèle Kang, de la FFF et de la ville dans le développement du football féminin ». Michèle Kang, propriétaire du club depuis 2023 et actionnaire majoritaire de l'OL depuis juin, a salué de son côté « une immense victoire pour le football féminin français ». Véronique Sarselli, présidente de la Métropole de Lyon depuis fin mars, y voit un « gage de reconnaissance » pour les efforts du territoire en faveur du sport féminin, quelques mois après la place Bellecour transformée en village festif à l'occasion d'une finale historique entre l'OL Lyonnes et le Paris FC, fin mai.

Le choix de l'enceinte de Décines-Charpieu n'a rien d'un hasard logistique. Inauguré en janvier 2016, doté de 59 186 places, le Groupama Stadium a déjà accueilli six matchs de l'Euro 2016, la finale de la Ligue Europa 2018 (Atlético Madrid battant Marseille 3-0) et, le 7 juillet 2019, la finale de la Coupe du monde féminine remportée par les Etats-Unis face aux Pays-Bas devant 57 900 spectateurs, un record d'affluence pour un match de football féminin en France.

Un stade taillé pour une affluence que la finale ne fait plus

Ce record de 2019 mesure justement l'ambition du pari lyonnais. Depuis que la Ligue des champions féminine s'est dotée d'une finale unique, aucune édition n'a rempli une enceinte de la taille du Groupama Stadium. Le record de la compétition reste les 50 827 spectateurs réunis à Bilbao en 2024 pour Barcelone-OL Lyonnes, suivis des 38 356 spectateurs de l'édition 2025 à Lisbonne. Organiser la finale 2028 dans le plus grand stade jamais mis à disposition de l'épreuve suppose donc de dépasser des affluences qui, ces dernières années, plafonnaient nettement en dessous de sa capacité.

L'autre paradoxe tient au club hôte lui-même. Avec huit titres européens (2011, 2012, 2016, 2017, 2018, 2019, 2020 et 2022), l'OL Lyonnes détient un record inégalé dans l'histoire de la compétition. Mais le dernier sacre remonte à 2022, et les deux dernières finales disputées par les Lyonnaises, en 2024 à Bilbao puis en 2026 à Oslo, se sont soldées par des défaites face au même adversaire, le FC Barcelone. Rien ne garantit que le club sera sur la pelouse en 2028 : comme pour toute édition, une qualification sportive reste nécessaire, la ville hôte n'offrant pas de place en finale à son équipe résidente.

Sous les paillettes de la finale, un modèle économique encore à construire

L'attribution intervient alors que la compétition connaît une croissance financière rapide. L'UEFA, qui a distribué 28,6 millions d'euros aux clubs engagés en Ligue des champions féminine lors de la saison 2023-2024, garantit un minimum de 37,7 millions pour 2025-2026 et 2026-2027, puis 46,7 millions par saison pour le cycle 2027-2028/2029-2030, celui qui englobera la finale lyonnaise. Le seul vainqueur peut désormais toucher jusqu'à 1,995 million d'euros de prime, soit 41 % de plus que le précédent plafond de 1,41 million. L'instance européenne inscrit cette hausse dans un plan de développement du football féminin doté d'un milliard d'euros entre 2024 et 2030.

Cette vitrine dorée masque cependant une base économique restée fragile, comme le rappelle Patrice Bouvet, maître de conférences en économie et management du sport à l'université de Poitiers, dans une analyse publiée sur The Conversation. L'audience télévisée de la Première Ligue française a bondi de 79 % lors de la phase aller de la saison 2025-2026, avec 733 672 téléspectateurs cumulés, sans que cela ait rééquilibré les comptes des clubs. Les droits télévisés du football féminin plafonnent à 5,3 millions d'euros par saison, contre près de 500 millions pour la Ligue 1 masculine, elle-même en repli après avoir dépassé le milliard d'euros en 2020-2021. La section féminine du Dijon FCO illustre cette fragilité avec un déficit annoncé de 1,5 million d'euros pour la seule saison 2025-2026, pour un budget de 2,9 millions de dépenses face à 1,4 million de recettes. Aucune contestation publique ne s'est en revanche exprimée à Lyon contre l'organisation de cette finale, la Métropole et le club affichant une position commune depuis l'annonce.

Face à ce constat, la Fédération française de football a annoncé un plan de 550 millions d'euros porté par son président Philippe Diallo pour transformer le football amateur et féminin d'ici 2029. Une partie de son fonds d'aide aux clubs amateurs sera spécifiquement réservée aux structures investissant dans le football féminin : 4,6 millions d'euros pour la saison 2026-2027, puis 6,6 millions pour 2028-2029, la saison même de la finale lyonnaise.

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