Passage Lyonnais
Illustration : scrutin des élections municipales de 2014 à Strasbourg, hors Métropole de Lyon
Photo Claude TRUONG-NGOC, CC BY-SA 3.0 · Wikimedia Commons

Politique

Le tribunal administratif de Lyon annule les municipales de Vénissieux et Vaulx-en-Velin

Fraude à Vénissieux, vice de procédure à Vaulx-en-Velin : le tribunal annule deux scrutins gagnés de 25 et 104 voix par des listes insoumises.

Par Rédaction Passage Lyonnais2 min de lectureVénissieuxVaulx-en-Velin

Vingt-cinq voix d'écart d'un côté, cent quatre de l'autre : les deux scrutins étaient serrés, mais les motifs d'annulation diffèrent, une fraude à Vénissieux, un vice de procédure à Vaulx-en-Velin. Par deux jugements rendus le 29 septembre 2026, le tribunal administratif de Lyon a annulé les élections municipales de Vénissieux et de Vaulx-en-Velin, tout en rejetant les recours visant Lyon, Givors et Rillieux-la-Pape.

À Vénissieux, Idir Boumertit (« Faisons mieux pour Vénissieux ») avait devancé la maire sortante Michèle Picard de seulement 25 voix au second tour, le 22 mars. Le tribunal a jugé que le candidat tête de liste de « Retrouver Vénissieux ! » et trois de ses colistiers avaient produit de faux justificatifs de domicile pour pouvoir s'inscrire sur les listes électorales de la commune. Cette fraude a permis la constitution même de cette liste, dont la présence au scrutin a, selon les juges, faussé l'ensemble des opérations électorales compte tenu du faible écart de voix. Le tribunal prononce l'inéligibilité du candidat concerné pour vingt-quatre mois, et de ses trois colistiers pour dix-huit mois.

À Vaulx-en-Velin, la liste du député insoumis Abdelkader Lahmar, « Vaulx en commun », l'avait emporté avec 50,49 % des suffrages, soit 104 voix d'avance sur « Vaulx-en-Velin unie ». Le motif d'annulation est ici procédural : les bulletins de la liste « Vaulx citoyens », qualifiée au second tour avec 6,11 % des voix, ont été déclarés nuls sur instruction de la préfecture du Rhône, faute de mention de la nationalité néerlandaise d'une colistière, comme l'exige l'article L.O. 247-1 du code électoral. Cette liste ayant pourtant dépassé le seuil de 5 % qui ouvre droit à des sièges, le tribunal a estimé que les électeurs ayant voté pour elle avaient vu leur vote privé de portée utile, et a annulé le scrutin pour ce seul motif.

Idir Boumertit a dénoncé sur les réseaux sociaux un « hold-up sur les élections municipales », estimant que de simples soupçons avaient suffi à invalider le vote. Il a annoncé, comme Abdelkader Lahmar, saisir le Conseil d'État. Cet appel étant suspensif, les deux équipes municipales restent en fonction durant la procédure. Si la Haute juridiction confirmait les annulations, de nouvelles élections devraient être organisées dans un délai de six semaines, sans qu'aucune date ne soit à ce stade arrêtée dans les deux communes.

À Lyon, le tribunal a rejeté le recours de Jean-Michel Aulas, qui contestait la victoire de Grégory Doucet obtenue avec 2 762 voix d'avance, aucun des griefs soulevés n'étant jugé de nature à avoir altéré la sincérité du scrutin.

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