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Narrow street with old buildings and an elevated red bridge.

Culture

Lyon d'hier — Les ficelles de Lyon : quand trois câbles ont dompté les pentes

Par rédaction Passage Lyonnais2 min de lectureVieux-LyonLyonPhoto by Sriram Vadlamani on Unsplash

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Le 3 juin 1862, une drôle de cabine se met à grimper la rue Terme, tractée par un câble invisible sous les pavés. Personne ne le sait encore, mais Lyon vient d'inaugurer le premier chemin de fer urbain à traction funiculaire au monde. Longue de 489 mètres, cette ligne reliait le bas de la Croix-Rousse au plateau, là où vivaient et travaillaient les canuts, ces tisserands de la soie dont les ateliers occupaient les étages hauts des immeubles pour laisser filer la lumière sur les métiers Jacquard. Avant la ficelle, gravir la colline relevait de l'expédition à pied ou en charrette, sur des pentes qui pouvaient dépasser 15 %. Le système, dit funiculaire à eau puis rapidement électrifié, changeait la donne : marchandises et habitants montaient désormais en quelques minutes.

Le succès appelle la suite. Le 8 avril 1878, une seconde ligne ouvre entre le Vieux Lyon et Saint-Just, sur la colline de Fourvière cette fois. Le projet, porté par un certain Bourget associé aux frères Riche, entrepreneurs belges, avait été déclaré d'utilité publique dès décembre 1872 par Adolphe Thiers ; les travaux, dirigés par l'ingénieur Grivet, démarrent en 1875. Cette ligne connaîtra une histoire mouvementée : transformée en chemin de fer à crémaillère en 1901 après un déclin du trafic, elle ne redeviendra funiculaire qu'en 1958, avant une reconstruction complète en 1986 menée avec les constructeurs Skirail et Von Roll-Habegger.

Le 12 avril 1891, une troisième ligne relie Croix-Paquet à la Croix-Rousse, doublant la desserte du plateau. Puis, le 6 décembre 1900, une quatrième ficelle ouvre entre Saint-Paul et Fourvière : surnommée « la ficelle des morts », elle servait notamment à transporter les cercueils jusqu'au cimetière de Loyasse, perché sur la colline. En un peu moins de quarante ans, Lyon s'était ainsi dotée de cinq lignes de funiculaires, deux vers la Croix-Rousse et trois vers Fourvière, un maillage sans équivalent en France pour une ville qui devait composer avec deux collines abruptes encadrant sa presqu'île.

Ce réseau ne fut pas éternel. La ligne de la rue Terme ferme en 1967, celle de Saint-Paul en 1937, et Croix-Paquet en 1972 avant de renaître en 1974, transformée en ligne C du métro à crémaillère. Seules deux lignes ont traversé le siècle : Saint-Just, devenue F1, et la ligne de Fourvière, devenue F2. Ensemble, elles transportaient encore environ 4,3 millions de voyageurs en 2022, selon les données d'exploitation citées par Wikipédia et les acteurs locaux du transport.

Aujourd'hui, la cabine rouge qui surgit d'un tunnel entre deux immeubles du Vieux Lyon reste l'un des spectacles les plus photographiés de la ville. Elle rappelle qu'ici, la conquête de la verticalité fut aussi affaire d'ingénierie sociale : rapprocher les collines du centre, et avec elles, des générations d'habitants que la géographie avait longtemps tenus à l'écart.

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