Logistique urbaine : plus de 100 artisans lyonnais ont troqué la camionnette contre le vélo-cargo
Un ébéniste de Brindas qui range son utilitaire pour un vélo-cargo électrique acheté chez un fabricant local, une traiteuse qui livre ses boissons en bouteilles consignées grâce à un service dédié : ce sont les visages, jusque-là statistiques, du Programme Marguerite. Lancé en mars 2025 par la Métropole de Lyon avec la Chambre de métiers et de l'artisanat du Rhône, ce dispositif a franchi en juin 2026 le cap des 100 artisans et commerçants ayant adopté durablement une solution de logistique plus sobre. Ils sont désormais 113, selon les chiffres publiés par la Métropole.
Le principe reste simple : tester gratuitement ou à tarif préférentiel, pendant un à trois mois, l'une des solutions d'un catalogue de 21 prestataires du territoire, avant de décider si l'on s'y tient. Mutualisation des approvisionnements (42 % des cas), collecte des déchets (25 %) et cyclologistique pour compte propre, c'est-à-dire l'usage d'un vélo-cargo pour ses propres tournées (21 %), forment le trio des usages les plus adoptés. Une aide financière pouvant atteindre 1 000 euros hors taxes accompagne la bascule quand l'essai est concluant.
La mesure répond à un constat régulièrement rappelé par les pouvoirs publics : la logistique urbaine, selon la Chambre de métiers et de l'artisanat Auvergne-Rhône-Alpes, pèse pour environ 30 % des émissions de gaz à effet de serre et 40 % des particules fines en ville. Le dernier kilomètre concentrerait à lui seul un quart des émissions liées au transport de marchandises.
Mais l'adhésion de tous les artisans n'est pas acquise. La zone à faibles émissions imposée dans le périmètre incluant Lyon, Caluire-et-Cuire et des secteurs de Villeurbanne, Bron et Vénissieux interdit déjà la circulation des utilitaires classés Crit'Air 3, 4 et 5. Des artisans avaient demandé un délai de six mois supplémentaire pour renouveler leur flotte, refusé par les élus écologistes de la Métropole. Pour une partie de la profession, le remplacement d'un véhicule reste un investissement difficile à absorber à court terme, ce qui rend d'autant plus stratégique, pour la collectivité, la multiplication d'alternatives testables sans engagement financier immédiat.
Un podcast, lancé en mai 2026 avec le média local Lyon Demain et disponible sur la plateforme Ausha, donne la parole aux bénéficiaires du programme, dont l'ébéniste et la traiteuse citées plus haut.
Sources
Onlymoov - Info mobilité Métropole de Lyon
Le programme Marguerite fait ses preuves