
Lycées dégradés : la Région Auvergne-Rhône-Alpes débloque 10 millions d'euros et conditionne certaines aides aux élèves
La collectivité chiffre à 10 millions d'euros, jusqu'à 20, la remise en état des lycées touchés et lie PASS'Région et aide au permis au comportement des élèves.
Incendies volontaires, jets de projectiles, tentatives d'intrusion : la Région Auvergne-Rhône-Alpes, propriétaire et gestionnaire des lycées, a annoncé le 22 octobre une enveloppe de 10 millions d'euros pour réparer les dégâts liés aux manifestations lycéennes. L'annonce accompagne l'assemblée plénière du même jour.
Jusqu'à 20 millions d'euros
Selon la Région, 10 millions d'euros supplémentaires pourront être dégagés par redéploiements internes, ce qui porterait l'effort à 20 millions d'euros. Elle précise que ces sommes ne pourront plus servir à d'autres actions en faveur des lycéens. Les crédits doivent remettre en état locaux, mobilier et équipements.
Le président de la Région, Fabrice Pannekoucke, évoque « des déchaînements de violences » dans plusieurs lycées. Selon lui, les auteurs, « bien souvent venus de l'extérieur, seront confondus et devront répondre de leurs actes ».
Côté sécurité, la collectivité dit avoir déployé des agents supplémentaires et des maîtres-chiens, distribué des extincteurs prélevés sur sa réserve et accompagné les agents les plus exposés. Elle siège en permanence au centre opérationnel départemental de gestion de crise de la préfecture.
Plaintes et aides sous condition
La Région annonce trois volets :
- des plaintes, des constitutions de partie civile et des demandes de remboursement des dépenses de réparation ;
- pour un élève sanctionné, une activité « utile, encadrée et éducative » dans les lycées volontaires, hors temps de cours et limitée à vingt heures ;
- la prise en compte d'un comportement préjudiciable (incivilité, violence, menace, dégradation, troubles graves) dans l'examen des demandes de PASS'Région jeunes, d'aide au permis de conduire et de bourse de mobilité internationale.
La Région rappelle aussi avoir voté près de 4,7 milliards d'euros au titre de deux plans Marshall pour les lycées depuis 2016.
Les syndicats dénoncent la répression
Les lycéens protestent depuis plusieurs semaines contre des classes surchargées, un manque de personnel et des équipements vétustes, rappelle la Région. À Lyon, nous écrivions le 6 octobre que la préfecture comptait 20 000 manifestants, des heurts ayant éclaté en fin de cortège. Le SNES-FSU en revendiquait 25 000 le même jour.
Les syndicats d'enseignants lisent la situation autrement. Le SNES-FSU Lyon affirme que le gouvernement a choisi « de répondre par la force et la violence plutôt que par le dialogue ». Il appelle les personnels à refuser de visionner des images de vidéoprotection pour identifier des élèves, et à ne pas se rendre complices d'une « répression administrative » par des chefs d'établissement « zélés ». Il rappelle que, pour lui, le motif « mobilisation lycéenne » est légitime pour justifier une absence.
SNUDI-FO 69 affirme que des dizaines de milliers de personnes ont défilé à Lyon le 17 octobre et que des manifestants ont été encerclés place Bellecour. Le syndicat appelle à se mobiliser le 24 octobre, puis le 5 novembre. Cette date est aussi celle d'une mobilisation des personnels de l'éducation, selon le SNES-FSU.
De son côté, le groupe Les Écologistes AuRA a publié un dossier de presse de 12 propositions pour des lycées « dignes, accessibles et adaptés aux besoins des élèves ».
Sources
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Dégradations dans les lycées : des actes, des conséquencesSNUDI-FO 69
La seule issue est la satisfaction des revendications !SNES-FSU Lyon
Halte à la répression institutionnelle !SNES-FSU Lyon
6 octobre :Forte mobilisation et la suite...
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