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Le pavillon de pierre de l'office de tourisme, place Bellecour, photographié en décembre 2017, avec l'enseigne ONLYLYON au-dessus de son entrée vitrée.
Chabe01, CC BY-SA 4.0 · Wikimedia Commons

Société

Lyon au lendemain du 17 octobre : l'office de tourisme détruit, 160 gardes à vue

20 000 manifestants selon la préfecture, des cortèges sauvages, des pillages jusqu'à dimanche matin : le bilan d'une journée que le préfet dit inédite.

Par Rédaction Passage Lyonnais4 min de lecturePresqu'îleGuillotièreLyon

Le pavillon de la place Bellecour, construit en 1852 et propriété de la Ville, abritait l'antenne ONLYLYON de l'office de tourisme de la Métropole. Samedi 17 octobre, il a été « pris d'assaut, saccagé et mis à feu », selon le point de situation diffusé à 19 h par la préfecture du Rhône, rapporté par LyonMag. Dimanche matin, sur la même place, le préfet Étienne Guyot a dressé le bilan de la journée : 160 personnes placées en garde à vue, dont 124 majeures, et une centaine de blessés dans les rangs des forces de l'ordre.

Une journée sans déclaration, puis des « cortèges sauvages »

La journée nationale contre la vie chère, portée par d'anciens gilets jaunes, des lycéens, des étudiants, des militants du climat et la Confédération paysanne selon actu.fr, n'avait fait l'objet d'aucune déclaration à Lyon. « Aucune déclaration n'avait été reçue par les services de la Préfecture », a rappelé celle-ci, citée par France 3. Les premiers rassemblements ont commencé dès 6 h en plusieurs points de la métropole. Ceux que la préfecture jugeait à risque, notamment devant la raffinerie de Feyzin, ont été dispersés.

Peu avant 14 h, plus de 20 000 personnes se trouvaient entre la place Bellecour, le cours Gambetta, le quai Augagneur et la Guillotière, selon la préfecture. C'est autant que le 6 octobre, à l'appel des lycéens, et près de deux fois plus que le 13 octobre (11 000). Plusieurs milliers de personnes sont ensuite parties en « cortèges sauvages », « guidés par des individus appartenant à des mouvances radicales d'ultra gauche et autonomes », selon le préfet cité par France 3.

De Bellecour à la Presqu'île, des pillages jusqu'au dimanche matin

Vers 14 h 30, le pavillon est saccagé, puis incendié. La statue de Paul Bocuse qui y était exposée est dégradée, puis déplacée sur la place. De « nombreux individus hostiles empêchent l'intervention en sécurité des sapeurs-pompiers », signale alors la préfecture, citée par BFMTV. LyonMag écrit que le bâtiment a été déclaré détruit à 15 h 30. Personne ne se trouvait à l'intérieur : la Métropole, locataire des lieux, avait demandé « aux personnels de l'Office de ne pas aller travailler », a indiqué sa présidente Véronique Sarselli au Progrès.

Les pillages ont ensuite gagné la Presqu'île. Lyon Capitale, dans une liste provisoire mise à jour dimanche matin, recense des enseignes visées rue Victor-Hugo, rue de la République, rue Grolée, place des Jacobins et quai Gailleton, où l'hôtel Sofitel a été pris pour cible. Deux boutiques ont été pillées puis incendiées place des Jacobins et rue du Président-Édouard-Herriot, selon actu.fr, qui fait aussi état de vitres brisées à l'hôtel de ville et d'un McDonald's incendié à la Guillotière. Les pillages se sont poursuivis dans la nuit : dimanche vers 8 h, alors que les équipes de nettoyage de la Métropole étaient à l'œuvre, une équipe de la BAC a encore surpris des jeunes dans un commerce du centre, rapporte LyonMag.

À 19 h samedi, la préfecture recensait vingt interpellations. Son communiqué du soir évoquait une violence qui « a franchi un cap inédit aux dépens des manifestants qui portaient des revendications », selon Le Progrès. Dimanche, le préfet a distingué deux publics : « Aux émeutiers, se sont greffés des pilleurs, des voleurs qui ont méthodiquement pillé un certain nombre de magasins. » Il a défendu un dispositif qui comprenait notamment la CRS 83, deux lanceurs d'eau, des hélicoptères et des drones : « La police a été partout le plus possible avec un gros dispositif mais nous avions une manifestation d'une ampleur inédite partout en France. La priorité a été de protéger les vies. »

Le maire hué, les commerçants en attente

Pendant la conférence de presse, le maire et le préfet ont été hués par une trentaine de personnes, selon Le Progrès. « C'est une catastrophe ce qui s'est passé, le chaos qui a régné dans la ville pendant plusieurs heures, a déclaré Grégory Doucet, cité par LyonMag. Il va falloir tirer les leçons de tout ça. Il va falloir réparer, il va falloir reconstruire. » Les commerçants seront reçus prochainement par son adjoint Éric Lambert. Avec les maires de Paris et de Marseille, il demande à être reçu par le Premier ministre « dès le début de la semaine prochaine, en présence des maires des communes touchées ».

« Ce n'est pas aux commerçants de payer le prix de la violence », a réagi Fabrice Bonnot, président de l'association des commerçants Charité–Bellecour, cité par actu.fr. Dimanche midi, ni la Ville ni la Métropole n'avaient détaillé publiquement de dispositif d'aide. Les condamnations sont venues de tous les bancs. Véronique Sarselli dénonce une « volonté du chaos ». Le maire LR du 2e arrondissement, Pierre Oliver, réclame des condamnations « extrêmement fermes ». L'élu écologiste Renaud Payre a écrit samedi que « rien ne justifie » ces violences. Anaïs Belouassa-Cherifi (LFI) les condamne aussi, tout en mettant en cause la stratégie policière.

Ce qui reste perturbé

Dimanche, le centre commercial Confluence est resté fermé. Le métro B ne s'arrête plus à la station Gare Part-Dieu Vivier-Merle, en raison d'un périmètre de sécurité, avec une reprise estimée lundi par les TCL, selon actu.fr. La marche interreligieuse pour la paix prévue ce dimanche a été reportée à la demande de la préfecture. Samedi, le Festival Lumière avait annulé quatre séances au Pathé Bellecour.

À l'échelle du pays, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a fait état dimanche matin de 1 800 interpellations. Le collectif à l'origine de la journée revendique « plus de 800 000 personnes mobilisées partout en France » et appelle à « élargir le cadre de mobilisation » de la grève interprofessionnelle du 5 novembre.

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Sources

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