
Lyon parraine deux civils ukrainiens détenus arbitrairement par la Russie
Lyon devient la première grande ville française à parrainer nommément deux civils ukrainiens détenus arbitrairement par la Russie.
Un nom, un visage, une histoire accrochés au fronton de l'Hôtel de Ville. La municipalité lyonnaise a annoncé le 24 septembre son adhésion à la campagne « Ensemble, sauvons les otages ukrainiens », devenant selon ses services la première grande ville française à parrainer officiellement des civils ukrainiens détenus par la Russie. Deux noms : Yana Souvorova et Oleksandre Zaporojets.
Yana Souvorova avait 18 ans lorsqu'elle a été enlevée à son domicile de Melitopol, en pleine nuit, le 20 août 2023, par des agents des services secrets russes. Étudiante, elle administrait la chaîne Telegram d'information locale pro-ukrainienne « Melitopol tse Ukraina ». Emprisonnée à Taganrog, elle a été condamnée en octobre 2025 à quatorze ans de colonie pénitentiaire pour « terrorisme, espionnage et participation à une organisation terroriste ». Elle a fait appel de cette condamnation et dit avoir subi tortures, isolement et malnutrition, selon le communiqué municipal.
Oleksandre Zaporojets, ingénieur radio-télévision originaire de Bayrak, dans la région de Kharkiv, a lui disparu le 14 mars 2022. Il s'était rendu, avec son épouse, alimenter le générateur d'une station-relais de téléphonie mobile pour que les habitants de son village occupé puissent continuer à communiquer. Il est détenu au secret depuis, sans qu'aucune information officielle n'ait filtré sur son lieu de détention ni son état de santé, malgré les démarches du Comité international de la Croix-Rouge, de la Cour européenne des droits de l'homme et du groupe de travail de l'ONU sur les disparitions forcées.
Selon le Centre pour les libertés civiles, organisation ukrainienne colauréate du prix Nobel de la paix 2022, plus de 16 000 civils ukrainiens seraient aujourd'hui détenus arbitrairement par la Russie, un chiffre confirmé en août par des estimations de l'ONU. La campagne de parrainage, lancée au printemps 2026 par l'association « Pour l'Ukraine, pour leur liberté et la nôtre ! » avec l'Union des Ukrainiens de France et Desk Russie, vise à faire adopter des résolutions de parrainage par cent villes francophones pour deux cents détenus d'ici la fin de l'année. Louviers, dans l'Eure, avait ouvert la voie le 21 septembre avec un vote unanime de son conseil municipal.
« Cette initiative vise à sortir de l'oubli des femmes et des hommes détenus dans des conditions arbitraires », a déclaré le maire de Lyon, Grégory Doucet, dans le communiqué, invoquant l'attachement de la ville « à la paix, au droit international et à la dignité humaine ».
Sources
Ville de Lyon (espace presse)
La Ville de Lyon s'engage pour la libération des otages civils ukrainiens


