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Grande halle des Grandes Locos avec un chapiteau rayé et une pièce montée géante rouge et blanc, pour les dix ans du Lyon Street Food Festival

Culture

Lyon Street Food Festival : dix ans de cuisine de rue aux Grandes Locos

Par Loris Andaloro2 min de lecturePhoto Loris Andaloro

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On entre dans la dixième édition du Lyon Street Food Festival comme on monte dans un train : par les anciens ateliers SNCF des Grandes Locos, à La Mulatière, que le rendez-vous gourmand a fait siens depuis 2024. J'y suis arrivé tôt, et tout est d'une fluidité déconcertante : quelques minutes ont suffi pour recharger la carte cashless qui sert de monnaie unique sur le site. Le temps que la foule arrive, on a déjà fait le tour des premières échoppes.

Lancé en 2016 par Emeric Richard et Thomas Zimmermann, le festival fête cette année ses dix ans sans bouger d'une recette qu'il revendique inchangée : « food, music and culture ». Mais l'échelle, elle, a changé. Du 11 au 14 juin, l'événement déploie quelque 40 000 m² — dont 15 000 en plein air — où se croisent plus de 130 chefs d'une vingtaine de nationalités, 200 recettes exclusives, des centaines d'ateliers gratuits et une soixantaine de concerts et spectacles.

Un festival devenu un poids lourd de la gastronomie lyonnaise

La dixième édition mise gros sur la pâtisserie, avec un Sugar Lab consacré aux créations sucrées et à leurs gestes techniques — montage, glaçage, finitions. Trois espaces thématiques structurent la déambulation : un pôle Visit Flanders dédié à la cuisine belge, une Cantina Latina réunissant cinq pays d'Amérique latine, et une Little Italy qui fait honneur à la péninsule. De quoi rappeler que la street food, à Lyon, n'est pas une mode importée mais un prolongement naturel d'une ville qui a toujours mangé dehors, des bouchons aux marchés.

Le choix des Grandes Locos n'est pas anodin. En réinvestissant ce vaste site ferroviaire de la rive droite du Rhône, le festival participe à la mise en récit d'un patrimoine industriel longtemps resté en marge, à la lisière de Lyon et de La Mulatière. L'effet, sous les charpentes métalliques, ne se dément pas d'une année sur l'autre.

Des savoir-faire régionaux à deux pas de la métropole

Atelier de démonstration culinaire sur des établis en bois, avec un écran de retransmission, dans la halle du festival Les ateliers, gratuits, occupent une large part du site et placent le geste artisanal au cœur de l'événement. Photo Loris Andaloro

Au-delà des têtes d'affiche internationales, ce sont les acteurs de la région qui donnent au festival son ancrage. J'y ai croisé Diego Accettulli, pastaio formé à Gênes et installé à Liergues, en plein Beaujolais, où il tient depuis 1998 le centre de formation Oggi Pasta. Il y transmet à des professionnels — restaurateurs, créateurs, reconvertis — un savoir-faire de fabrication de pâtes fraîches et sèches importé directement de Ligurie.

Masterclass devant un stand Côtes du Rhône orné d'un décor de vignes, le public attablé dans la halle du festival La région viticole n'est jamais loin : masterclass et dégustations rythment aussi le festival. Photo Loris Andaloro

L'image a quelque chose de réjouissant : une terre plus connue pour ses crus que pour ses tagliatelles devient le point d'ancrage d'une tradition née sur la côte ligure, à quelques kilomètres seulement de la métropole. C'est tout l'intérêt d'un rendez-vous comme celui-ci : sous l'affiche spectaculaire des 130 chefs, il rend visibles ces transmissions discrètes, ces artisans qui font vivre, toute l'année, une gastronomie de proximité.

Le festival se poursuit jusqu'au dimanche 14 juin. Pour qui veut éviter la cohue, le conseil tient en deux mots, vérifiés sur le terrain : venir tôt, et recharger sa carte avant que la file ne se forme.

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