
Lyon-Turin : la Métropole revient dans le club des soutiens au tunnel alpin
La Métropole veut réintégrer le comité de lobbying du Lyon-Turin, quatre ans après son retrait sous l'ère Bruno Bernard.
Quatre ans après l'avoir quitté avec fracas, la Métropole de Lyon s'apprête à réintégrer le Comité pour la Transalpine, l'association qui rassemble collectivités et acteurs économiques favorables à la liaison ferroviaire Lyon-Turin. L'annonce a été faite mercredi 16 septembre par la présidente Véronique Sarselli, lors de l'assemblée générale de l'organisme réunie à la CCI de région Auvergne-Rhône-Alpes. Une délibération sera soumise au Conseil métropolitain le 28 septembre.
Membre fondateur de la Transalpine, la Métropole s'en était retirée en septembre 2022 sous l'exécutif écologiste de Bruno Bernard, qui dénonçait des coûts environnementaux sous-estimés et défendait la modernisation des voies existantes plutôt que le creusement d'un nouveau tunnel. Ce revirement acte le changement de majorité à la tête de la collectivité.
Longue de 270 kilomètres, la liaison doit relier Lyon à Turin et compléter le corridor méditerranéen entre l'Espagne et l'Europe de l'Est. Son cœur, un tunnel transfrontalier de 55 kilomètres sous les Alpes, doit devenir le plus long tunnel ferroviaire au monde. Le chantier est engagé : selon TELT, société chargée des travaux, environ 30 % des galeries étaient creusées en septembre 2026, pour une mise en service annoncée en 2033.
Reste que le projet ne fait toujours pas l'unanimité. Des militants écologistes ont revendiqué cet été des dégradations sur des sites de chantier italiens, chiffrées à un million d'euros par les responsables du projet, qui ont condamné ces actions. Des associations environnementales continuent par ailleurs de contester le bilan écologique de l'ouvrage et de plaider pour la seule modernisation de la ligne historique, des arguments que la direction de TELT rejette catégoriquement.
Véronique Sarselli a surtout alerté sur le sort des voies d'accès françaises entre Lyon et la Savoie, les 110 kilomètres nécessaires pour exploiter le tunnel à pleine capacité. Sans décision rapide de l'État, elles ne seraient livrées qu'en 2045, plus de dix ans après l'ouverture du tunnel. « Je ne voudrais pas que le Lyon-Turin devienne le Dijon-Turin », a-t-elle averti, pointant la priorité donnée par l'État à la ligne vers Dijon via Chambéry. Cette première phase des accès français est évaluée à 7,2 milliards d'euros, dont l'Union européenne pourrait financer la moitié. La Métropole dit vouloir mobiliser l'État et l'Europe sur ce dossier, aux côtés de la Région et des départements concernés, avant l'échéance du vote métropolitain du 28 septembre.
Sources
Métropole de Lyon (espace presse)
La Métropole de Lyon annonce son retour au sein du Comité pour la Transalpine Lyon-Turin


