Passage Lyonnais
La grande plaine du parc de la Feyssine à Villeurbanne, traversée d'un chemin, avec la silhouette de Lyon à l'horizon.

Environnement

Parc de la Feyssine : un joyau naturel de 41 hectares à préserver à Villeurbanne

Par rédaction Passage LyonnaisTouN, CC BY-SA 4.0 — Wikimedia Commons

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Avec l'arrivée de l'été, le parc de la Feyssine s'impose à nouveau comme l'espace vert incontournable de Villeurbanne. Classé Espace Naturel Sensible (ENS) fin 2025, ce site de 41 hectares — le plus grand parc de la ville — fait l'objet d'une attention particulière, entre protection de la biodiversité et accueil du public.

Un site d'exception aux multiples visages

Le parc offre 8 km de cheminements et un parcours sportif, traversé par la ViaRhôna, voie cyclable reliant le Léman à la Méditerranée. Marcheurs, joggeurs et cyclistes peuvent y côtoyer une nature sauvage remarquable : 47 espèces d'oiseaux y ont été recensées, dont 23 nicheuses et 20 protégées, ainsi que 20 espèces végétales rares et protégées, parmi lesquelles l'Épipactis du Rhône. Classé « Zone refuge » par la LPO (Ligue de Protection des Oiseaux), le parc abrite également une prairie aux orchidées classée Zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique.

Depuis la passerelle, les visiteurs peuvent s'immerger dans la forêt, écouter les oiseaux ou observer les grenouilles dans le diapason en eau, récemment remis en état par la direction des espaces verts et naturels de la Ville. À la tombée de la nuit, des blaireaux y sont régulièrement aperçus.

Des règles à respecter

Le Rhône, fleuve alpin dangereux dont les courants invisibles sont aggravés par le charriage constant de galets, reste interdit à la baignade. Les feux et barbecues sont également prohibés dans l'enceinte du parc, les risques d'incendie étant accentués par les sécheresses et fortes chaleurs.

Un investissement fort pour 2026

Le classement ENS de fin 2025 entraîne une mutation profonde pour le site : la Ville de Villeurbanne a validé le transfert de gestion vers la Métropole de Lyon, tout en conservant la responsabilité de l'entretien quotidien. Selon la délibération du Conseil municipal de février 2026, 212 000 euros sont investis cette année pour l'entretien, la lutte contre les espèces envahissantes et la réfection des chemins. Par ailleurs, 5 300 plants ont été installés depuis 2024 pour adapter la forêt au climat futur.

Un destin lié à l'histoire du Rhône

Ce que les promeneurs ignorent souvent, c'est l'histoire singulière du site. Né il y a environ 150 ans à la suite de la construction d'une digue sur le Rhône, il a alimenté l'agglomération lyonnaise en eau potable pendant plus de 90 ans avant d'être abandonné dans les années 1930. Dans les années 1980, un projet d'urbanisation a même été envisagé par la municipalité, avant d'être définitivement écarté. C'est finalement en 2002 que le site est devenu parc naturel urbain, obtenant en 2008 le label ECOCERT — gage d'absence totale d'herbicides et de produits phytosanitaires de synthèse — ainsi que le label EVE (Espace vert écologique urbain). Un long chemin parcouru pour ce poumon vert désormais protégé au cœur de la métropole.

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