Pourquoi une odeur nous ramène en enfance : le mystère de la madeleine de Proust percé à Bron
Une bouffée de brioche chaude, une trace de savon d'antan, et voilà des souvenirs vieux de trente ans qui remontent, intacts, avec leur charge d'émotion. Marcel Proust avait donné un nom littéraire à ce phénomène avec sa madeleine trempée dans le thé. Des chercheurs du Centre de recherche en neurosciences de Lyon (CRNL), installé à Bron sur le site du Neurocampus Michel Jouvet, viennent d'en expliquer le mécanisme cérébral, dans une étude publiée le 14 juillet dans la revue PLOS Biology.
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Le mystère de la « madeleine de Proust » enfin expliqué par les neurosciences 🧠 #communiqué 🗞️ sur les travaux de recherche impliquant notamment des membres du #CRNL 👇 cc @insermaura.bsky.social #UCBL
"Quand la malhonnêteté des autres influence nos choix" Ces travaux publiés dans PLOS Biology 📃 impliquent notamment des membres de @isc-mj.bsky.social cc @insermaura.bsky.social #UCBL
Le CRNL, laboratoire commun au CNRS, à l'Inserm et à l'université Claude Bernard Lyon 1, est le deuxième plus grand centre de neurosciences de France après l'Institut du cerveau à Paris. Ses travaux montrent que les odeurs respirées dans les premières années de la vie laissent une empreinte durable dans le bulbe olfactif, cette région du cerveau qui continue de se développer après la naissance. Un groupe précis de neurones y conserverait la trace des associations entre une senteur et une expérience positive vécue enfant. Des décennies plus tard, retrouver cette même odeur suffit à réactiver simultanément les circuits de la mémoire et ceux de la récompense, ce qui expliquerait l'intensité émotionnelle propre aux souvenirs déclenchés par l'odorat, très différente de celle des souvenirs visuels ou sonores.
À quelques bâtiments de là, sur le même site hospitalier de l'est lyonnais, une autre équipe vient de publier des résultats qui éclairent, eux, la mécanique de nos petits arrangements avec la morale. Des chercheurs de l'Institut des sciences cognitives Marc Jeannerod (ISC-MJ), également basé à Bron et rattaché au CNRS et à Lyon 1, ont montré dans PLOS Biology, le 10 juillet, que la malhonnêteté est contagieuse. Menée par Jeroen Benistant, Elise Guigon, Chloé Nicolas, Stephen Ramsey Derrington et Jean-Claude Dreher, l'étude a placé des participants, sous imagerie cérébrale, dans un jeu de tricherie où ils observaient tour à tour un contexte où les autres trichaient beaucoup, puis un contexte où ils étaient honnêtes. Résultat : voir les autres tricher augmente la propension à tricher soi-même, alors qu'observer des comportements honnêtes ne réduit pas la triche déjà installée. Cette influence sociale se traduit dans le cerveau par une activation du sillon temporal supérieur postérieur, la zone impliquée dans la simulation des intentions d'autrui.
Ces deux publications, sorties à quatre jours d'intervalle du même pôle de recherche est-lyonnais, ne répondent pas encore à toutes les questions. Reste à savoir, pour l'équipe de Jean-Claude Dreher, si l'effet inverse, la propagation de l'honnêteté par imitation, pourrait un jour être renforcé plutôt que constaté comme absent.