
Presqu'île de Lyon : le couvre-feu reconduit, l'État détaille ses aides aux commerçants pillés
Après une nuit sans incident, le préfet a reconduit le couvre-feu de 21 h à 6 h ; chômage partiel, prêt à taux zéro, report de cotisations : le plan de l'État…
De la rue Constantine au cours de Condé, des quais du Rhône à ceux de la Saône, la présence sur la voie publique était interdite, sauf motif valable, entre mardi 20 octobre à 21 h et mercredi 21 octobre à 6 h. Le préfet du Rhône, Étienne Guyot, a reconduit ce couvre-feu parce que la nuit précédente s'était passée sans incident : selon la préfecture, « aucun trouble à l'ordre public n'a été constaté ».
Le dispositif répond aux dégradations et aux pillages qui ont frappé la Presqu'île en marge de la manifestation du samedi 17 octobre.
Que change le couvre-feu pour ceux qui vivent et sortent en Presqu'île ?
Le préfet a pris deux mesures pour la journée du mardi 20 octobre. La première interdit toute manifestation, tout cortège et tout rassemblement revendicatif sur la voie publique de 16 h à 21 h. La seconde est le couvre-feu proprement dit, de 21 h à 6 h.
Le périmètre est borné au nord par la rue Constantine, la place des Terreaux étant exclue, et par la rue Joseph Serlin. À l'est, il suit le quai Jean-Moulin, le quai Jules-Courmont et le quai Gailleton. Au sud, il s'arrête au cours de Condé. À l'ouest, il longe les quais de la Saône. Les ponts sur le Rhône et la Saône qui desservent ces secteurs en sont exclus.
La vie nocturne n'est pas suspendue. Bars, restaurants, cinémas et salles de spectacles restent ouverts, et les transports en commun comme les véhicules circulent. Les dérogations couvrent le retour au domicile ou à l'hôtel, les raisons de santé, les motifs familiaux impérieux, la garde d'enfants, le simple transit en voiture, les agents du service public, les journalistes et les élus. Les forces de l'ordre procèdent à des contrôles pour vérifier ces justifications.
La préfecture assure que le préfet a consulté mardi matin, après un nouvel échange avec le maire de Lyon, des représentants des commerçants, de l'artisanat, de la restauration et de l'hôtellerie. Selon elle, ceux-ci « ont collectivement fait part de leur satisfaction ». La préfecture présente le couvre-feu comme un moyen d'offrir aux habitants « la possibilité de se réapproprier leur quartier ». Cette appréciation est celle de l'autorité qui a pris la mesure.
Quelles aides pour les commerçants sinistrés ?
Le gouvernement a détaillé mardi un plan de soutien pour les commerces touchés les 17 et 18 octobre, dans « plusieurs milliers de commerces à travers la France » selon la préfecture du Rhône. Voici ce qu'il comprend :
- Chômage partiel : l'activité partielle est prise en charge à 100 % par l'État, sans reste à charge pour l'employeur. Les salariés perçoivent 60 % de leur rémunération brute, et 100 % s'ils sont au SMIC.
- Cotisations : les Urssaf permettent de reporter jusqu'à 12 mois le paiement des cotisations patronales des trois prochains mois.
- Prêt : Bpifrance proposera un prêt à taux zéro jusqu'à 50 000 euros sur trois ans, demandé sur une plateforme en ligne, pour reconstituer les stocks.
- Impôts : les commerçants directement touchés peuvent demander un étalement de leurs charges fiscales, sans frais ni majoration.
- Aide d'urgence : les chambres des métiers et de l'artisanat ont activé leur fonds de solidarité, avec une aide pouvant atteindre 1 500 euros.
- Fonds spécifique : les entreprises de moins de 50 salariés ayant subi des dommages importants pourront obtenir une aide forfaitaire, calculée en pourcentage du chiffre d'affaires dans la limite de plafonds par entreprise. Les plafonds ne figurent pas dans le communiqué.
Côté assurances, France Assureurs a annoncé un délai de déclaration porté à 30 jours, des acomptes immédiats et la prise en charge de la mise en sécurité des locaux. Deux assureurs suppriment en outre les franchises, selon le communiqué du gouvernement.
Pour les démarches, un numéro non surtaxé est ouvert aux entreprises, le 0 806 807 807. Les artisans peuvent joindre leur chambre de métiers au 3006. Les conseillers départementaux aux entreprises en difficulté assurent le premier contact dans chaque département.
Sources
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