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La rue Grenette à Lyon en 2025, chaussée réservée aux bus et aux vélos

Politique

Rue Grenette : 17 500 Lyonnais consultés, 72 % veulent garder la rue sans voitures

Par rédaction Passage Lyonnais2 min de lecturePresqu'îleLyonCorentin Eustacchi, CC BY-SA 4.0 — Wikimedia Commons

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C'est un record que la Ville de Lyon revendique avec fierté. La consultation publique sur l'avenir de la rue Grenette, ouverte pendant un mois à partir du 30 avril, a recueilli 17 517 réponses — la plus forte participation jamais enregistrée sur la plateforme participative municipale depuis sa création en 2022. Les résultats, publiés le 17 juin, apportent une réponse tranchée à une question qui divise profondément la métropole : 72,3 % des participants se déclarent favorables ou très favorables au maintien de la rue sans circulation automobile, contre 27,1 % qui s'y opposent.

Une rue transformée depuis juin 2025

Depuis l'été 2025, la rue Grenette, au cœur du 2e arrondissement, a été profondément réaménagée dans le cadre du projet « Presqu'île à vivre » et de la mise en place d'une Zone à trafic limité (ZTL). La voie réservée aux transports en commun, aux taxis et aux modes actifs est aujourd'hui empruntée par près de 90 000 usagers chaque jour. Les données de mobilité recueillies lors de la consultation illustrent une réalité déjà tangible : seuls 11,3 % des répondants se rendent en Presqu'île en voiture, contre 33,1 % en transports en commun, 29,8 % à pied et 25,8 % à vélo ou en trottinette.

Les habitants du 1er arrondissement, majoritairement favorables à l'aménagement à 76,4 %, se montrent plus enthousiastes que ceux du 2e, directement concernés, où le soutien atteint 65,7 % — avec tout de même 34 % d'avis défavorables, signe que la fracture reste réelle dans le quartier même de la rue. Les répondants saluent l'apaisement du secteur, la réduction du bruit, l'amélioration du sentiment de sécurité pour les piétons et les cyclistes, et une meilleure qualité de l'air. Mais ils pointent aussi des reports de trafic sur d'autres axes, des difficultés d'accessibilité pour les personnes à mobilité réduite, et des aménagements provisoires jugés insuffisants en termes de végétalisation et d'ombrage.

Contestation politique et accusations de biais

La consultation ne fait cependant pas l'unanimité, loin s'en faut. La Métropole de Lyon, présidée par Véronique Sarselli, a vivement critiqué la démarche municipale, la qualifiant d'insuffisante, et annoncé son propre processus de concertation en vue d'une réouverture partielle à la circulation automobile. De son côté, au moins une association a dénoncé publiquement des résultats qu'elle estime « biaisés », mettant en cause la formulation des questions et le périmètre des participants sollicités.

Les commerçants de la Presqu'île, qui avaient manifesté dès 2025 sous la bannière « Non à la fermeture de Lyon », maintiennent leur opposition, arguant que les restrictions de circulation pénalisent leur activité. Ce dossier s'inscrit par ailleurs dans un contexte de tension croissante entre la mairie écologiste de Grégory Doucet et une métropole désormais à droite, à moins d'un an des élections municipales de 2026.

Les résultats de la consultation seront désormais intégrés à la réflexion sur l'avenir définitif de l'axe, dont le sort reste suspendu à un bras de fer politique qui dépasse largement la seule rue Grenette.

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