Superspectives ouvre Lyon sur le monde : cinq jours de musiques voyageuses du 1er au 5 juillet
Un port d'attache pour naviguer entre les continents
C'est l'un des festivals les plus singuliers de l'été lyonnais. Du 1er au 5 juillet 2026, Superspectives investit trois lieux emblématiques de la Presqu'île — le jardin du Musée des Beaux-Arts, la chapelle de la Trinité et Les Subs — pour proposer un voyage musical à travers six cultures : Japon, Inde, Pacifique, Bali, Arménie et Éthiopie. Tarifs accessibles, de 0 à 30 euros, pour cinq soirées pensées comme autant d'escales.
Né en 2018 et porté par l'association Lyon Trinité Musique — qui unit le Concert de l'Hostel Dieu et Superspectives à la tête de la chapelle de la Trinité, entrée dans sa troisième saison —, le festival a su fidéliser un public curieux. Dès sa première édition, 40 % des spectateurs avaient moins de 26 ans, signe d'un positionnement résolument ouvert sur des esthétiques hybrides et inclassables.
Le programme, étape par étape
Le mercredi 1er juillet, le jardin du Musée des Beaux-Arts accueille une soirée tournée vers le Japon : Camille Rhonat retrace en DJ set l'œuvre d'Haruomi Hosono, figure tutélaire de la pop nippone, avant que le pianiste François Mardirossian n'explore la sensibilité intérieure de Ryuichi Sakamoto.
Le jeudi, cap sur la chapelle de la Trinité avec Patrick Rudant et sa flûte bansuri, instrument-passerelle entre baroque, jazz et musique classique indienne, puis avec Pulse, trio formé par Pelva Naïk, Davy Sur et Reno Danio, qui s'empare des dhrupads — formes méditatives du nord de l'Inde — pour les dilater dans un espace contemporain.
Vendredi aux Subs, Christophe Chassol, accompagné du batteur Mathieu Edward, livre son art de l'harmonisation du réel : compositions, images et voix captées mêlées à un groove populaire. Un DJ set de James Stewart clôt la soirée.
Samedi, Le Grand Couturier ouvre une nuit aux textures polynésiennes et psychédéliques, avant Polyphème, rencontre inédite entre la darbuka de Wassim Halal et le gamelan balinais du groupe Puspawarna — polyrythmies et tensions obsédantes au programme.
Dimanche, retour à la chapelle pour un diptyque final : François Mardirossian honore Komitas, père de la musique arménienne moderne, puis Maya Dunietz et Sosena Gebre Eyesus à la begena clôturent le festival autour de l'œuvre d'Emahoy Tsegué-Maryam Guèbrou, figure éthiopienne dont le patrimoine est aujourd'hui activement préservé par des musiciens du monde entier.
Un modèle à la croisée des chemins
Superspectives occupe une niche rare dans le paysage festivalier lyonnais : ni grand rassemblement de plein air, ni manifestation confidentielle réservée aux initiés. Son ancrage dans des lieux patrimoniaux — une chapelle baroque, un jardin de musée, des anciennes subsistances militaires — donne aux soirées une dimension immersive que peu de festivals en France peuvent revendiquer. La manifestation affronte toutefois la concurrence d'un agenda estival chargé, notamment avec les Nuits de Fourvière qui drainent l'essentiel de la communication culturelle lyonnaise en juillet. Reste que son positionnement délibérément nomade et son tarif plancher à zéro euro constituent de réels atouts pour toucher des publics nouveaux.
Sources
Le Petit Bulletin Lyon
Superspectives, cinq jours pour prendre le large

