Suppressions de classes : les enseignants du Rhône en grève le 15 juin
Une rentrée 2026 sous le signe des fermetures
À deux mois de la rentrée, la colère ne retombe pas dans les écoles du Rhône. Les syndicats enseignants appellent à la grève le mardi 15 juin, avec un rassemblement devant la Direction des services départementaux de l'Éducation nationale (DSDEN), dans le 7ᵉ arrondissement de Lyon, pour dénoncer une carte scolaire qu'ils jugent intenable.
Au cœur de la mobilisation : la suppression nette de 221 classes dans le premier degré du département à la rentrée 2026 — solde de 290 fermetures pour seulement 69 ouvertures —, accompagnée de 101 suppressions de postes d'enseignants. Le mouvement s'inscrit dans un cadre national que les organisations qualifient de « saignée » : le projet de budget prévoit 3 256 suppressions de postes dans l'Éducation nationale à l'échelle du pays. « Le gouvernement Macron-Lecornu a décidé d'une véritable saignée de l'École publique », fustige le SNUDI-FO, à l'origine de l'appel dans le Rhône.
Inclusion scolaire : le point de tension
Au-delà des chiffres bruts, c'est le sort des élèves les plus fragiles qui cristallise la contestation. Les syndicats pointent la suppression de postes dans les établissements spécialisés alors que, selon eux, plus d'un millier d'élèves attendent une place adaptée à leur handicap. La question de l'école inclusive avait déjà mobilisé quelques jours plus tôt : le 9 juin, les accompagnants d'élèves en situation de handicap (AESH) s'étaient rassemblés devant le rectorat de Lyon, à l'appel de la FSU-SNUipp 69 et de la CGT Éduc'action 69, pour réclamer un véritable statut et des moyens à la hauteur des besoins.
Pour les enseignants, ces deux mobilisations rapprochées racontent la même histoire : celle d'un service public d'éducation sommé de faire toujours plus avec toujours moins.
Le rectorat met en avant d'autres indicateurs
Du côté de l'administration, le discours est tout autre. Dans un communiqué publié au printemps, l'académie de Lyon défendait une rentrée 2026 placée sous le signe de « classes moins chargées » et d'un « accompagnement renforcé » : un nombre moyen de 20,8 élèves par classe, la création de nouveaux pôles d'appui à la scolarité destinés à mieux prendre en charge les besoins éducatifs particuliers, et des territoires ruraux « globalement préservés ».
Un argumentaire que les syndicats rejettent en bloc, y voyant un habillage des baisses de moyens : la diminution mécanique des effectifs d'élèves, soulignent-ils, sert surtout à justifier des fermetures plutôt qu'à améliorer les conditions d'enseignement. La FSU rappelle d'ailleurs avoir obtenu, en cours de procédure, le rétablissement de plusieurs emplois initialement retirés au département — preuve, selon elle, d'une gestion « marquée par l'improvisation ».
Une mobilisation qui s'inscrit dans la durée
L'appel du 15 juin n'est pas un coup isolé. Depuis le printemps, l'intersyndicale enseignante multiplie les actions contre les suppressions de postes prévues à la rentrée 2026, des journées de grève nationales aux blocages d'écoles. À l'approche des municipales et alors que se prépare le budget 2027, les organisations entendent maintenir la pression pour obtenir, à défaut de créations de postes, l'arrêt de l'érosion des moyens. Dans le Rhône, le dernier rassemblement de l'année scolaire devant la DSDEN sonnera comme un avertissement avant septembre.
Sources
SNUDI-FO 69
Le projet de carte scolaire : 221 classes en moins à la rentrée 2026 dans le RhôneSNES-FSU Lyon
Préparation de la rentrée 2026 dans le Rhône : derrière les annonces, une école toujours sous-dotéeAcadémie de Lyon — DSDEN du Rhône
Carte scolaire — département du Rhône
