
Terminal 2 de Saint-Exupéry : première pierre posée, 380 millions d'euros suspendus au feu vert de l'État
L'extension de 9 500 m² doit ouvrir d'ici 2029, mais le programme de 380 millions d'euros dépend d'un contrat avec l'État attendu au printemps 2027.
La première pierre de l'agrandissement du terminal 2 de Lyon-Saint-Exupéry a été posée vendredi 16 octobre. Le chantier est présenté comme la porte d'entrée aérienne des Jeux olympiques et paralympiques d'hiver de 2030. La montagne en est le fil rouge, alors que les skieurs pèsent peu dans le trafic : environ 500 000 passagers sur 10,6 millions en 2025, soit moins de 5 %, selon les chiffres rapportés par le média Brefeco.
La cérémonie réunissait le ministre des Transports Philippe Tabarot, la présidente de la Métropole de Lyon Véronique Sarselli et le président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes Fabrice Pannekoucke. Le chantier est porté par VINCI Airports et les actionnaires d'Aéroports de Lyon (ADL).
Que contient exactement ce chantier ?
Le projet prévoit 9 500 m² d'extension et la modernisation de 12 000 m² d'espaces existants, selon le communiqué de la Métropole du 16 octobre. Brefeco y ajoute une nouvelle zone de contrôle de sécurité, des espaces commerciaux et de détente rénovés, et un meilleur traitement des bagages hors format, skis et vélos en tête. La gare routière sera agrandie pour accueillir davantage de cars, notamment vers les Alpes. Vivre Villes précise qu'un dispositif de contrôle de nouvelle génération doit d'abord être déployé au terminal 1 pour l'été 2027, celui du terminal 2 suivant le même modèle.
La mise en service est annoncée « d'ici 2029 » par la Métropole, au printemps 2029 selon Brefeco, soit un an avant les Jeux.
Le terminal 2 n'en est pas à son premier chantier. Les travaux de rénovation lancés en mars 2022, d'abord annoncés pour deux ans, avaient obligé toutes les compagnies à se replier sur le terminal 1, d'après Lyon Capitale. Cette rénovation avait porté sur le tri des bagages et la performance énergétique du bâtiment. Il s'agit cette fois d'agrandir.
Qui paie, et à quelle condition ?
Le montant qui circule ne concerne pas que ce terminal. Le chantier du terminal 2 représente 75 millions d'euros, d'après Brefeco. Il constitue la première étape d'un programme prévisionnel de plus de 380 millions d'euros sur sept ans, qui dépend de la signature d'un contrat de régulation économique avec l'État d'ici le printemps 2027. Ce contrat fixe, pour plusieurs années, les investissements de l'aéroport et l'évolution des redevances que les compagnies lui versent. Brefeco le situe sur la période 2027-2034.
Autrement dit, l'argent n'est pas encore sécurisé. Le consortium formé par VINCI Airports, la Caisse des Dépôts et Crédit Agricole Assurances détient 60 % du capital depuis novembre 2016, les acteurs publics locaux les 40 % restants (Brefeco).
L'enjeu affiché est aussi celui de la concurrence genevoise. Selon ADL, citée par Brefeco, l'aéroport de Genève capte environ 5 millions de passagers par an au détriment de Lyon, et plus de 70 % des liaisons court-courriers lyonnaises y sont aussi proposées. Pour l'opérateur, les taxes pèsent davantage à Lyon qu'à Genève : elles représentent 71 % des prélèvements sur le moyen-courrier et 80 % sur le long-courrier, contre 43 % à Genève, où les redevances en pèsent 57 %. ADL ajoute que la baisse de 43 % des redevances décidée en 2024 a été plus que compensée par la hausse d'une taxe sur le transport aérien et l'assujettissement à une autre taxe. Ces comparaisons sont celles de l'exploitant, non celles d'un organisme indépendant.
Les responsables du dossier plaident l'urgence. « Il ne faut pas que Genève soit la porte d'entrée des JO », a déclaré Yves Chavent, de la CCI de Lyon. Fabrice Pannekoucke est plus catégorique : « Sans le projet de modernisation et d'extension du T2, l'Aéroport de Lyon subirait une descente mortifère ». Les deux citations sont rapportées par Brefeco.
Dans son communiqué, Véronique Sarselli y voit « une excellente nouvelle pour les entreprises, les acteurs du tourisme et tous ceux qui contribuent au dynamisme de notre métropole », avec un intérêt qui « va bien au-delà » des Jeux.
Combien de passagers à terme ?
La Métropole compte 10,7 millions de passagers accueillis en 2025, quand Brefeco en retient 10,6 millions. Cet écart de 100 000 passagers n'est pas expliqué par les sources. ADL prévoit une croissance moyenne de 1,7 % par an et 12,1 millions de passagers en 2034 (Brefeco), soit environ 1,5 million de plus qu'en 2025 sur la base du chiffre de Brefeco. L'extension vise donc d'abord le confort et la capacité d'accueil, la clientèle du ski restant minoritaire dans le trafic.
Le contrat de régulation économique avec l'État doit être signé d'ici le printemps 2027.
Sources
Métropole de Lyon (espace presse)
Aéroport Lyon-Saint-Exupéry : une nouvelle étape pour l'attractivité et le rayonnement international du territoire
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