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Santé

Trottinette électrique : aux urgences pédiatriques de Lyon, des traumatismes crâniens dignes des accidents de moto

Par rédaction Passage Lyonnais2 min de lectureLyonPhoto by JavyGo on Unsplash

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Vingt passages par mois en salle de « déchocage », l'espace réservé aux urgences vitales. Un quart d'entre eux nécessite une admission directe en réanimation pédiatrique. Depuis avril 2026, ce sont les chiffres que compile le service d'urgences et de réanimation pédiatriques de l'hôpital Femme Mère Enfant, aux Hospices Civils de Lyon, à propos des accidents de trottinette électrique.

Une étude parue le 2 juillet dans la revue Neurosurgery, menée à partir des dossiers de tous les patients admis à l'hôpital entre 2021 et 2025 ayant nécessité un avis neurochirurgical, documente une bascule : un seul cas en 2021, vingt-cinq cas graves en 2025. « Nous faisons face à une véritable explosion du nombre de cas liés aux accidents de trottinette électrique », résume le professeur Etienne Javouhey, chef de service. Les victimes sont surtout des adolescents de 14 ou 15 ans, mais des enfants d'une dizaine d'années arrivent aussi après avoir emprunté l'engin d'un ami ou d'un grand frère.

La lésion la plus fréquente en neurochirurgie est l'hématome extradural, une accumulation de sang entre le crâne et la membrane qui entoure le cerveau, pouvant entraîner un coma en l'absence de prise en charge rapide. « C'est un type de lésion que l'on voyait beaucoup il y a trente ou quarante ans pour les mobylettes ou les vélos sans casque », observe Pierre Petitet, interne en neurochirurgie et premier auteur de l'étude. Fait notable, 68,2 % des accidents recensés se sont produits sans qu'un autre véhicule soit impliqué, signe que les chutes isolées ou pertes de contrôle dominent. Un tiers des patients suivis garde un handicap modéré à sévère : troubles de l'attention, fatigabilité, difficultés d'apprentissage, et pour une minorité, des états de conscience très dégradés et potentiellement définitifs.

Le casque reste seulement recommandé en agglomération, pas obligatoire, contrairement au scooter, une incohérence pointée par la pédiatre Pauline Lethellier. Certains départements ont pris les devants : en Vaucluse, un arrêté préfectoral impose depuis le 1er juillet 2026 le port du casque attaché pour tout conducteur d'engin de déplacement personnel motorisé, sous peine de 35 euros d'amende, et le Nord suivra le 1er septembre après un accident mortel à Lille. Au niveau national, deux propositions de loi visant à généraliser l'obligation ont été déposées en septembre 2025 puis en juin 2026, sans aboutir à ce jour.

Même après un traumatisme grave, environ deux tiers des enfants ne changent pas leur comportement vis-à-vis du casque, selon l'étude lyonnaise. Plutôt que des messages moralisateurs, Pierre Petitet suggère de transformer l'accessoire en objet de mode via les réseaux sociaux, pour toucher une population adolescente qui se sent invulnérable. En attendant une éventuelle obligation nationale, le Registre du Rhône, unique observatoire de ce type en Europe, prépare un état des lieux détaillé de l'accidentologie liée à la trottinette dans le département, appelé à corriger des statistiques officielles jugées incomplètes, la police ne recensant en général que les accidents impliquant un tiers.

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