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Santé

Un second cabinet dentaire sur roues pour soigner les personnes handicapées du Rhône

Par rédaction Passage LyonnaisPhoto by Caroline LM on Unsplash

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Une semi-remorque transformée en cabinet dentaire itinérant

Le Réseau Santé Bucco-Dentaire & Handicap Rhône-Alpes (SBDH-RA) a inauguré mercredi 10 juin sa deuxième unité mobile, une semi-remorque entièrement équipée pour prodiguer des soins dentaires adaptés aux personnes en situation de handicap sur leurs lieux de vie. L'événement s'est tenu avec le soutien de l'Agence Régionale de Santé (ARS) Auvergne-Rhône-Alpes, principal financeur du réseau.

Concrètement, le véhicule embarque une unité dentaire complète, un appareil de radiologie numérique et un hayon élévateur à l'arrière, permettant l'accès aux patients en fauteuil roulant ou sur brancard. Deux assistantes dentaires, formées spécifiquement par le réseau, y sont exclusivement affectées. L'unité sillonnera les établissements médico-sociaux du Rhône, de l'Ain et de l'Isère selon un planning tournant, stationnant plusieurs jours à chaque étape.

Vingt ans d'engagement, un besoin toujours massif

Ce lancement s'inscrit dans l'histoire d'un réseau pionnier, fondé en 2003 pour répondre à un angle mort de santé publique : l'accès aux soins oraux des personnes présentant des handicaps mentaux sévères, paralysies cérébrales, troubles du spectre autistique, polyhandicaps ou maladies rares associées à une déficience intellectuelle. La première unité mobile avait vu le jour en 2006 ; elle a depuis réalisé plus de 11 000 séances de soins. Ce véhicule historique sera désormais converti en point fixe, stationné à Bron, pour y accueillir des patients dans un cadre stabilisé.

La population cible dans la région est estimée à 30 000 à 35 000 personnes. Chaque année, le réseau prend en charge plus de 5 000 patients dans sa quinzaine de lieux partenaires, auxquels s'ajouteront désormais 700 à 800 patients supplémentaires grâce à l'unité mobile itinérante.

Un problème structurel que deux camions ne suffisent pas à résoudre

Les chiffres nationaux rappellent l'ampleur du défi. Selon une enquête relayée par le portail Mon Parcours Handicap, 28 % des patients en situation de handicap ont dû renoncer à des soins dentaires, et dans 41 % des cas, c'est le refus d'un praticien qui en est la cause. La densité moyenne de chirurgiens-dentistes en France (66 pour 100 000 habitants) reste inférieure à la moyenne européenne (76), et les inégalités territoriales aggravent encore la situation.

Aucune association de patients ou d'usagers n'a publiquement formulé de critique sur ce projet, mais le rapport entre les 5 000 à 5 800 patients pouvant être pris en charge annuellement par le réseau et les 30 000 à 35 000 personnes éligibles en Rhône-Alpes souligne que l'offre demeure structurellement insuffisante face à l'ampleur du besoin.

Un financement partenarial

La seconde unité mobile a été rendue possible grâce à plusieurs financeurs : la Région Auvergne-Rhône-Alpes, l'ARS, la Fondation Caisse d'Épargne Rhône-Alpes, le Conseil de l'Ordre des Chirurgiens-Dentistes et l'Union Régionale des Professionnels de Santé des Chirurgiens-dentistes Rhône-Alpes. Les praticiens libéraux adhérents au réseau réalisent des vacations rémunérées selon leurs disponibilités, un modèle qui permet de mobiliser des professionnels sans les contraindre à un engagement à temps plein.

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